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Violence basée sur le genre

VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE

 

Les Violences Basées sur le Genre (VBG) constituent une violation grave des droits humains et une expression des inégalités sociales entre les hommes et les femmes dans le monde.

Au Cameroun, la volonté politique eu égard à l’ampleur du phénomène (statistique, observation des faits, étude des cas et témoignages) et à l’intérêt de la Communauté Internationale pour les questions de santé, de droit et de dignité humaine, motivent de plus en plus d’actions pour son éradication. C’est ce qui justifie l’élaboration par le MINPROFF avec l’appui de ONU-FEMMES, de la Stratégie Nationale de lutte contre les VBG. Il s’agit d’un document de mise en œuvre de la politique sociale de l’Etat du Cameroun ; qui s’adosse sur le DSCE et les engagements pertinents de notre pays en faveur du respect et de la protection des droits fondamentaux des femmes et des filles.

I-DEFINITIONS

Ainsi, les VBG désignent :

Tout acte perpétré contre la volonté d’un être humain sur la base de différences sexuelles.

Autrement dit, les VBG telles que définies par les Nations Unies sont perçues comme : « toute violence qui s’exerce sur une femme ou sur un homme tout simplement parce qu’elle est une femme ou parce qu’il est un homme ». Les Violences Basées sur le Genre ciblent à la fois les hommes, les femmes, les jeunes garçons et les jeunes filles. Cependant, les femmes et les jeunes filles sont les plus visées, du fait de leur vulnérabilité.

Les VBG concernent une personne sur la base de son genre ou de son sexe et inclut les actes qui infligent un préjudice ou une souffrance physique, mentale, sexuelle, la menace de tels actes, la coercition et autres privations de liberté que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée.

II- TYPOLOGIE DES VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE

Nous pouvons citer :

  • les violences physiques (coups, blessures, bastonnades, agressions de toutes sortes, hématomes, traumatismes divers, repassage des seins…) ;
  • les violences psychologiques (injures, privations, silence, menaces, stigmatisation…) ;
  • les violences économiques (privations de revenus, de travail, de salaires, privations de moyens de subsistances telles que la pension alimentaire et la ration, salaire inégal…) ;
  • les violences sexuelles (viols, harcèlements sexuels, inceste, zoophilie, sodomie, pédophilie, attouchements, outrages à la pudeur, détournements de mineur, proxénétisme, menaces, Mutilations Génitales Féminines (MGF) à l’instar de l’excision… ;
  • les violences culturelles (langue, religion, tribalisme, racisme…) ;
  • les violences institutionnelles et politiques (privations des droits et des libertés, discriminations, faible représentativité des femmes dans les sphères de décisions…) ;
  • les Pratiques Culturelles Néfastes (rites de veuvage, mariages précoces et/ou forcés).

 

III- AMPLEUR DES VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE

Deux (02) importantes enquêtes intégrant les VBG ont été conduites au Cameroun. Il s’agit de :

  • l’EDS- MICS 2011 et MICS 5 de 2014. Les deux évoquent l’ampleur du phénomène.

L’enquête démographique et de santé à indicateurs multiples de 2011 fournit les données suivantes :

  • depuis l’âge de 15ans, plus de la moitié des femmes (55%) ont subi des violences physiques, principalement exercées par leur mari / partenaire actuel ou le plus récent, mais aussi par la mère / femme du père, le père / mari de la mère …
  • parmi les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels, 20% ont été forcées à avoir leur premier rapport sexuel ; en particulier, celles ayant eu des rapports avant l’âge de 15 ans (30%) ;
  • dans l’ensemble, 34% des femmes de 15 à 49 ans ont subi seulement des violences, 8% seulement des violences sexuelles, et 21% à la fois des violences physiques et sexuelles ;
  • parmi les femmes enceintes ou qui l’ont été, 14% ont subi des violences pendant la grossesse ;
  • parmi les femmes qui ont déjà été en union, 60% ont subi des violences physiques sexuelles ou émotionnelles de la part de leur mari actuel ou le plus récent.

  • S’agissant de l’EDS-MICS 5 de 2014, elle cible les variables relatives notamment :
  • les mariages précoces ;
  • les attitudes envers les violences domestiques ;
  • les violences conjugales à l’égard de la femme selon les femmes ;
  • les violences conjugales à l’égard de la femme selon les maris / partenaires.

Les faits relevés sont les suivants :

  • Parmi les femmes âgées de 15-49 ans, une femme sur dix (11%) s’est mariée avant l’âge de 15ans ;
  • Chez les femmes de 20 à 29 ans, environ une femme sur huit (13%) s’est mariée avant l’âge de 15 ans ;
  • Trois femmes sur huit (36%) se sont mariées avant l’usage de 18 ans ;
  • 31% de femmes déclarent ont subi des violences physiques, dont 13% « souvent » et 24% « parfois » ;
  • 14% ont assuré des violences sexuelles dont 3% « souvent » et 11% « parfois » ;
  • 47% de femmes / filles ont connu des violences émotionnelles dont 23% « souvent » et 35% « parfois » ;
  • 31% d’hommes reconnaissent avoir exercé des violences physiques sur leurs femmes (dont 8% « souvent » et 27% « parfois »).

Les régions septentrionales semblent globalement être, en plus de celle de l’Est, les plus concernées par les VBG. En effet, pour toutes formes de violences confondues à l’égard des femmes et des filles, les statistiques révèlent 60% pour la Région de l’Extrême-Nord, 53% pour celle du Nord et 43% pour la Région de l’Adamaoua.

Selon quelques autres enquêtes et études menées sur le plan National, il résulte qu’il n’y a pas d’espace scénique spécifique aux VBG. On peut toutefois relever qu’elles se pratiquent dans la famille, en milieu professionnel, scolaire et même dans la rue. Elles peuvent être perpétrées par le conjoint, le partenaire, les membres de la famille, les employeurs, le corps enseignant ou médical, les forces de maintien de l’ordre, des agresseurs connus ou inconnus.

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