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La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille évalue l’état d’avancement de la décentralisation cinq ans après

THEME: L'approfondissement de la décentralisation et du développement local à travers une participation effective des femmes à la gouvernance locale

10 août 2015

DECENTRALISATION INFOS

  1. Quel bilan dressez-vous dans le cadre des transferts des compétences aux collectivités territoriales décentralisées en ce qui concerne votre département ministériel?

Avant de répondre précisément à votre question, il importe de rappeler que,depuis les lois sur la décentralisation promulguées le 22 juillet 2004, le Cameroun s'est résolument engagé dans une dynamique de développement des potentialités locales. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, dans ses missions relatives au respect des droits de la femme et à la promotion de la famille, n’a pas cru devoir accuser du retard dans la mise en œuvre de cette politique gouvernementale. Aussi, ce département ministériel dont j'ai la charge a-t-il fait partie de la première génération des transferts des compétences et des ressources. L’entretien et la gestion des Centres de Promotion de la Femme et de la Famille(CPFF) ont été transférés par l’Etat aux Communes en vertu du Décret N° 2010/0241/PM du 26 février 2010.

En vue de l’application dudit décret, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a signé, le 09 septembre 2010, l’Arrêté N°2010/0003/A/MINPROFF/CAB portant Cahier de charges précisant les conditions et modalités techniques d’exercice des compétences transférées, dans la perspective du suivi, du contrôle et de l’évaluation de l’exercice des compétences concernées.

L'évaluation, à ce jour, de cette opération est riche d’enseignements. Des avancées significatives ont été enregistrées, notamment en ce qui concerne l’appropriation du principe même de décentralisation et le passage de la gestion financière des mains des responsables des CPFF à celles des Magistrats municipaux.

Mais cette évaluation met également en lumière quelques obstacles qui ont empêché la décentralisation de prendre rapidement et complètement corps, dans son aspect pratique : divergence de la perception du rôle de la décentralisation, maîtrise approximative des procédures, manque d’intérêt de certains maires pour ces structures toujours appelées à tort « Maisons de la Femme », conflits réels ou latents entre élus locaux et Directeurs des CPFF.

C’est dire que la mise en commun de ces contraintes a eu une influence certaine sur l’impact réel du processus de décentralisation. Mais, grâce aux réajustements opérés et aux sessions d'information, de formation et de sensibilisation organisées à l'intention des différents acteurs, une évolution positive est observée, et les cibles du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille que sont les femmes et les familles se sentent de plus en plus proches de l’Administration ou plus impliquées dans la gestion de la chose publique, dans leurs collectivités respectives. Et c'est là, me semble-t-il, l'objectif poursuivi par le système de décentralisation, par opposition à la déconcentration.

  1. En matière de promotion de la femme particulièrement, le public a du mal à percevoir une élévation de la qualité des services fournis par les CPFF depuis leur transfert dans le giron des Mairies. Le contraire est même assez souvent décrié. Comment expliquez-vous cela, vous qui mettez en œuvre la politique gouvernementale dans le secteur?

La perception que le public a du fonctionnement des CPFF, au lendemain du transfert de leur entretien et de leur gestion aux Communes, peut se justifier par la situation décrite plus haut. Celle-ci a eu de graves répercussions sur la performance des Centres : retard dans l’acquisition des fournitures de bureau et du matériel didactique, lenteurs dans le paiement des salaires des formateurs PPTE, avec pour conséquences le malaise et la démotivation perceptibles de ces personnels, mise en hibernation des activités pédagogiques, formation des cibles au rabais, avec pour corollaire la désertion des CPFF par les apprenantes. Il s'agit là des difficultés inhérentes à la mise en route de toute réforme d’envergure. Des instructions précises ont été données à nos collaborateurs, à l’occasion des Conférences Annuelles ou des Etats Généraux des CPFF organisés par le MINPROFF, avec l’appui technique appréciable des experts du MINATD, en vue de rendre efficace et efficient le processus de décentralisation au sein de nos Unités Techniques Spécialisées. La qualité des prestations servies par les Centres s’est progressivement et nettement améliorée, à la satisfaction de nos cibles que sont les femmes et les familles. Il reste que les autres acteurs prennent la mesure de leurs missions en appliquant les dispositions pertinentes et obligatoires du Cahier de Charges mis à leur disposition, afin que l’impact de ces structures soit visible sur le vécu quotidien des populations à la base. Je pense ici à la nécessaire remontée des informations sur l’exercice des compétences transférées et la gestion des ressources y relatives, par la transmission régulière des rapports semestriels par les Magistrats municipaux, à la réactivation des Conseils de Direction des Centres, au recrutement et à la prise en charge par les Communes du personnel d’appoint(secrétaires, agents d’entretien, gardiens…), à la célérité dans les procédures d’engagement des crédits alloués par l’Etat…

  1. Comment entrevoyez-vous l’avenir de ces structures ? Leur passage sous de nouvelles structures implique- t-il que ces Centres sortent totalement de l’agenda gouvernemental en matière de promotion du genre ?

Malgré la persistance de certaines entraves observées dans l’entretien et la gestion de ces structures, j’entrevois leur avenir avec optimisme. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, la décentralisation procédant d’une volonté politique, d’un projet de société du Président de la République, S. E. Paul Biya,et puisant sa source dans une disposition constitutionnelle selon laquelle « la République du Cameroun est un Etat unitaire et décentralisé. ». Qualifiée d’ « irréversible » par S. E. Philemon Yang, Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président du Conseil National de la Décentralisation, cette réforme est sous-tendue dans sa mise en œuvre par les principes de subsidiarité, de progressivité et de complémentarité. Du coup, il ne peut être envisagé la sortie du fonctionnement des CPFF de l’agenda gouvernemental en matière de promotion de la femme et du genre. La loi prévoit du reste que les compétences transférées aux collectivités territoriales par l’Etat ne sont pas exclusives. Cela signifie qu’elles sont exercées de manière concurrente par l’Etat et celles-ci. Le Cahier de Charges va plus loin en précisant, à cet égard, et pour que nul n’en ignore, les obligations de l’Etat et celles des Communes

  1. La décentralisation, plaçant les Communes au centre du développement local, apparaît comme une opportunité pour les femmes de conforter leur participation à la vie publique. Quel regard jetez-vous sur la manière dont cette occasion a, jusqu’ici, été saisie par ces dames ?

La décentralisation est un mode de gestion de l’Etat, une méthode d’administration du territoire qui vise à rapprocher l’Administration de tous les citoyens, sans aucune distinction, et d’associer ceux-ci à la gestion de la chose publique à l’échelon local. Cette gestion devrait être mieux réalisée que l’autorité locale a la possibilité d’appréhender son environnement. Rien, en ce qui concerne l’acquisition, l’entretien ou la gestion du bien commun ne saurait être étrange, ni étranger aux intéressés ou à leurs représentants, puisqu’ils auront contribué à la prise de décision et au suivi des réalisations qui en découlent. Dans ce contexte, les femmes camerounaises, en tant que citoyennes à part entière, ne peuvent qu’apprécier et saisir une telle opportunité pour renforcer leurs capacités, participer à la gestion de la chose publique et améliorer leurs conditions de vie, être des actrices et non des spectatrices de leur propre devenir.

  1. Les statistiques montrent un bon en avant du chiffre des femmes autant dans les Communes qu’au Parlement. Mais quelle stratégie pour pérenniser cette évolution positive ?

Dans ce domaine, des efforts ont été déployés par les acteurs sociaux et des progrès sensibles enregistrés. Ainsi, en ce qui concerne les Exécutifs communaux, la proportion de femmes Maires qui était de 06,7% en 2007, avec 19,7% d’Adjoints aux Maires, est de l’ordre de 07% depuis 2013. S’agissant des Députés à l’Assemblée Nationale, le chiffre est passé de 25 entre 2007 et 2012 à 56 (31,11%) depuis 2013.Au niveau du Sénat, l’on compte, pour la première fois, en 2013, 21 femmes Sénateurs, soit 21%. Mais, cette participation des femmes à la prise de décisions et à la direction des affaires publiques reste globalement faible.

Alors, quelle stratégie pour pérenniser l’évolution positive ?

ministre2Au niveau gouvernemental, des mesures ont été prises, notamment ;

  1. la tenue de journées d’échanges sur Femmes et Démocratie en vue d’identifier les obstacles à l’émergence des femmes dans la scène politique ;
  2. l’intensification du plaidoyer en vue d’une meilleure représentation et représentativité des femmes aux postes électifs et dans les instances dirigeantes des formations politiques ;
  3. l’inscription du genre dans la loi électorale ;
  4. la disqualification des listes électorales sans candidature féminine ;
  5. l’élaboration d’une Stratégie Genre d’ELECAM, organe indépendant chargé de l’organisation des élections au Cameroun ;
  6. la publication et la vulgarisation d’un Manuel de formation politique des femmes ;
  7. le renforcement des capacités politiques des femmes candidates aux élections ou désireuses de se lancer dans la politique.
  1. Si le nombre de femmes grossit, la qualité de ces représentantes est souvent sujette à caution. Comment se déploie votre département ministériel afin de promouvoir le renforcement des capacités dans le milieu des associations et réseaux d’associations féminines ?

 

Au-delà du nombre, la qualité de la représentation féminine dans les instances de prise de décisions et de direction des affaires publiques constitue l’une de nos préoccupations majeures. L’objectif poursuivi n’est pas, loin s’en faut, de faire de la simple figuration dans le jeu et la scène politiques, de rechercher simplement la parité homme – femme pour la parité homme – femme. Il ne s’agit pas pour elles d’une mesure philanthropique. Les femmes qui occupent des postes électifs aujourd’hui doivent savoir qu’elles ont un défi à relever, une obligation de résultat : montrer à la communauté nationale que leur participation à la vie publique est à la fois légitime, incontournable et porteuse de progrès et d’espoir pour l’avenir de notre pays. Par le biais des Services Déconcentrés du Ministère, nous organisons des sessions d’information et de sensibilisation à l’intention des membres de ces organisations d’encadrement des femmes pour améliorer leur leadership, le support pédagogique étant le Manuel de formation politique des femmes publié par le Ministère en 2013. En effet, nombreuses sont encore les femmes qui croient que la politique est une activité réservée aux hommes, toute initiative de leur part dans ce domaine étant vouée à l’échec. Ce document est riche en enseignements. Il les édifie sur toute la législation en matière électorale : les conditions d’éligibilité des responsables politiques, les modalités de gestion du contentieux électoral, les voies de recours, les techniques de négociations, de partenariats et des alliances politiques, les voies et moyens de mobilisation des ressources nécessaires pour une participation optimale à une campagne électorale, etc.

Interview réalisée par CHETAH BILE

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La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille évalue l’état d’avancement de la décentralisation cinq ans après

THEME: L'approfondissement de la décentralisation et du développement local à travers une participation effective des femmes à la gouvernance locale

10 août 2015

DECENTRALISATION INFOS

  1. Quel bilan dressez-vous dans le cadre des transferts des compétences aux collectivités territoriales décentralisées en ce qui concerne votre département ministériel?

Avant de répondre précisément à votre question, il importe de rappeler que,depuis les lois sur la décentralisation promulguées le 22 juillet 2004, le Cameroun s'est résolument engagé dans une dynamique de développement des potentialités locales. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, dans ses missions relatives au respect des droits de la femme et à la promotion de la famille, n’a pas cru devoir accuser du retard dans la mise en œuvre de cette politique gouvernementale. Aussi, ce département ministériel dont j'ai la charge a-t-il fait partie de la première génération des transferts des compétences et des ressources. L’entretien et la gestion des Centres de Promotion de la Femme et de la Famille(CPFF) ont été transférés par l’Etat aux Communes en vertu du Décret N° 2010/0241/PM du 26 février 2010.

En vue de l’application dudit décret, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a signé, le 09 septembre 2010, l’Arrêté N°2010/0003/A/MINPROFF/CAB portant Cahier de charges précisant les conditions et modalités techniques d’exercice des compétences transférées, dans la perspective du suivi, du contrôle et de l’évaluation de l’exercice des compétences concernées.

L'évaluation, à ce jour, de cette opération est riche d’enseignements. Des avancées significatives ont été enregistrées, notamment en ce qui concerne l’appropriation du principe même de décentralisation et le passage de la gestion financière des mains des responsables des CPFF à celles des Magistrats municipaux.

Mais cette évaluation met également en lumière quelques obstacles qui ont empêché la décentralisation de prendre rapidement et complètement corps, dans son aspect pratique : divergence de la perception du rôle de la décentralisation, maîtrise approximative des procédures, manque d’intérêt de certains maires pour ces structures toujours appelées à tort « Maisons de la Femme », conflits réels ou latents entre élus locaux et Directeurs des CPFF.

C’est dire que la mise en commun de ces contraintes a eu une influence certaine sur l’impact réel du processus de décentralisation. Mais, grâce aux réajustements opérés et aux sessions d'information, de formation et de sensibilisation organisées à l'intention des différents acteurs, une évolution positive est observée, et les cibles du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille que sont les femmes et les familles se sentent de plus en plus proches de l’Administration ou plus impliquées dans la gestion de la chose publique, dans leurs collectivités respectives. Et c'est là, me semble-t-il, l'objectif poursuivi par le système de décentralisation, par opposition à la déconcentration.

  1. En matière de promotion de la femme particulièrement, le public a du mal à percevoir une élévation de la qualité des services fournis par les CPFF depuis leur transfert dans le giron des Mairies. Le contraire est même assez souvent décrié. Comment expliquez-vous cela, vous qui mettez en œuvre la politique gouvernementale dans le secteur?

La perception que le public a du fonctionnement des CPFF, au lendemain du transfert de leur entretien et de leur gestion aux Communes, peut se justifier par la situation décrite plus haut. Celle-ci a eu de graves répercussions sur la performance des Centres : retard dans l’acquisition des fournitures de bureau et du matériel didactique, lenteurs dans le paiement des salaires des formateurs PPTE, avec pour conséquences le malaise et la démotivation perceptibles de ces personnels, mise en hibernation des activités pédagogiques, formation des cibles au rabais, avec pour corollaire la désertion des CPFF par les apprenantes. Il s'agit là des difficultés inhérentes à la mise en route de toute réforme d’envergure. Des instructions précises ont été données à nos collaborateurs, à l’occasion des Conférences Annuelles ou des Etats Généraux des CPFF organisés par le MINPROFF, avec l’appui technique appréciable des experts du MINATD, en vue de rendre efficace et efficient le processus de décentralisation au sein de nos Unités Techniques Spécialisées. La qualité des prestations servies par les Centres s’est progressivement et nettement améliorée, à la satisfaction de nos cibles que sont les femmes et les familles. Il reste que les autres acteurs prennent la mesure de leurs missions en appliquant les dispositions pertinentes et obligatoires du Cahier de Charges mis à leur disposition, afin que l’impact de ces structures soit visible sur le vécu quotidien des populations à la base. Je pense ici à la nécessaire remontée des informations sur l’exercice des compétences transférées et la gestion des ressources y relatives, par la transmission régulière des rapports semestriels par les Magistrats municipaux, à la réactivation des Conseils de Direction des Centres, au recrutement et à la prise en charge par les Communes du personnel d’appoint(secrétaires, agents d’entretien, gardiens…), à la célérité dans les procédures d’engagement des crédits alloués par l’Etat…

  1. Comment entrevoyez-vous l’avenir de ces structures ? Leur passage sous de nouvelles structures implique- t-il que ces Centres sortent totalement de l’agenda gouvernemental en matière de promotion du genre ?

Malgré la persistance de certaines entraves observées dans l’entretien et la gestion de ces structures, j’entrevois leur avenir avec optimisme. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, la décentralisation procédant d’une volonté politique, d’un projet de société du Président de la République, S. E. Paul Biya,et puisant sa source dans une disposition constitutionnelle selon laquelle « la République du Cameroun est un Etat unitaire et décentralisé. ». Qualifiée d’ « irréversible » par S. E. Philemon Yang, Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président du Conseil National de la Décentralisation, cette réforme est sous-tendue dans sa mise en œuvre par les principes de subsidiarité, de progressivité et de complémentarité. Du coup, il ne peut être envisagé la sortie du fonctionnement des CPFF de l’agenda gouvernemental en matière de promotion de la femme et du genre. La loi prévoit du reste que les compétences transférées aux collectivités territoriales par l’Etat ne sont pas exclusives. Cela signifie qu’elles sont exercées de manière concurrente par l’Etat et celles-ci. Le Cahier de Charges va plus loin en précisant, à cet égard, et pour que nul n’en ignore, les obligations de l’Etat et celles des Communes

  1. La décentralisation, plaçant les Communes au centre du développement local, apparaît comme une opportunité pour les femmes de conforter leur participation à la vie publique. Quel regard jetez-vous sur la manière dont cette occasion a, jusqu’ici, été saisie par ces dames ?

La décentralisation est un mode de gestion de l’Etat, une méthode d’administration du territoire qui vise à rapprocher l’Administration de tous les citoyens, sans aucune distinction, et d’associer ceux-ci à la gestion de la chose publique à l’échelon local. Cette gestion devrait être mieux réalisée que l’autorité locale a la possibilité d’appréhender son environnement. Rien, en ce qui concerne l’acquisition, l’entretien ou la gestion du bien commun ne saurait être étrange, ni étranger aux intéressés ou à leurs représentants, puisqu’ils auront contribué à la prise de décision et au suivi des réalisations qui en découlent. Dans ce contexte, les femmes camerounaises, en tant que citoyennes à part entière, ne peuvent qu’apprécier et saisir une telle opportunité pour renforcer leurs capacités, participer à la gestion de la chose publique et améliorer leurs conditions de vie, être des actrices et non des spectatrices de leur propre devenir.

  1. Les statistiques montrent un bon en avant du chiffre des femmes autant dans les Communes qu’au Parlement. Mais quelle stratégie pour pérenniser cette évolution positive ?

Dans ce domaine, des efforts ont été déployés par les acteurs sociaux et des progrès sensibles enregistrés. Ainsi, en ce qui concerne les Exécutifs communaux, la proportion de femmes Maires qui était de 06,7% en 2007, avec 19,7% d’Adjoints aux Maires, est de l’ordre de 07% depuis 2013. S’agissant des Députés à l’Assemblée Nationale, le chiffre est passé de 25 entre 2007 et 2012 à 56 (31,11%) depuis 2013.Au niveau du Sénat, l’on compte, pour la première fois, en 2013, 21 femmes Sénateurs, soit 21%. Mais, cette participation des femmes à la prise de décisions et à la direction des affaires publiques reste globalement faible.

Alors, quelle stratégie pour pérenniser l’évolution positive ?

ministre2Au niveau gouvernemental, des mesures ont été prises, notamment ;

  1. la tenue de journées d’échanges sur Femmes et Démocratie en vue d’identifier les obstacles à l’émergence des femmes dans la scène politique ;
  2. l’intensification du plaidoyer en vue d’une meilleure représentation et représentativité des femmes aux postes électifs et dans les instances dirigeantes des formations politiques ;
  3. l’inscription du genre dans la loi électorale ;
  4. la disqualification des listes électorales sans candidature féminine ;
  5. l’élaboration d’une Stratégie Genre d’ELECAM, organe indépendant chargé de l’organisation des élections au Cameroun ;
  6. la publication et la vulgarisation d’un Manuel de formation politique des femmes ;
  7. le renforcement des capacités politiques des femmes candidates aux élections ou désireuses de se lancer dans la politique.
  1. Si le nombre de femmes grossit, la qualité de ces représentantes est souvent sujette à caution. Comment se déploie votre département ministériel afin de promouvoir le renforcement des capacités dans le milieu des associations et réseaux d’associations féminines ?

 

Au-delà du nombre, la qualité de la représentation féminine dans les instances de prise de décisions et de direction des affaires publiques constitue l’une de nos préoccupations majeures. L’objectif poursuivi n’est pas, loin s’en faut, de faire de la simple figuration dans le jeu et la scène politiques, de rechercher simplement la parité homme – femme pour la parité homme – femme. Il ne s’agit pas pour elles d’une mesure philanthropique. Les femmes qui occupent des postes électifs aujourd’hui doivent savoir qu’elles ont un défi à relever, une obligation de résultat : montrer à la communauté nationale que leur participation à la vie publique est à la fois légitime, incontournable et porteuse de progrès et d’espoir pour l’avenir de notre pays. Par le biais des Services Déconcentrés du Ministère, nous organisons des sessions d’information et de sensibilisation à l’intention des membres de ces organisations d’encadrement des femmes pour améliorer leur leadership, le support pédagogique étant le Manuel de formation politique des femmes publié par le Ministère en 2013. En effet, nombreuses sont encore les femmes qui croient que la politique est une activité réservée aux hommes, toute initiative de leur part dans ce domaine étant vouée à l’échec. Ce document est riche en enseignements. Il les édifie sur toute la législation en matière électorale : les conditions d’éligibilité des responsables politiques, les modalités de gestion du contentieux électoral, les voies de recours, les techniques de négociations, de partenariats et des alliances politiques, les voies et moyens de mobilisation des ressources nécessaires pour une participation optimale à une campagne électorale, etc.

Interview réalisée par CHETAH BILE

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Thème: « Protéger les droits des veuves, changer de mentalité »

Instituée au cours de la 66ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, en Résolution 65/189du 21 décembre 2010, la Journée Internationale des Veuves se célèbre le 23 juin de chaque année.

Pour la 10ème édition, le Cameroun s’est joint comme toujours, à la Communauté internationale pour continuer le plaidoyer en faveur des droits des veuves. On dénombre environ 250 millions de veuves dans le monde, dont plus de 100 millions vivant en dessous du seuil de pauvreté. Dans la plupart des cas et en Afrique en général, les veuves sont victimes de violences et injustices de toutes sortes, elles subissent des rites déshumanisants, ainsi que d’autres pratiques socioculturelles abominables et néfastes. Parfois remariées de force à un autre membre de la famille par la pratique du lévirat, elles sont spoliées de leurs biens, et expulsées du domicile conjugal.

Pour les pouvoirs publics, il est donc urgent de procéder par une approche sans discrimination de sexe. Il est important de renforcer le cadre juridique tant national qu’international du conjoint survivant contre la violation de ses droits, en assurant une lutte efficace contre les traitements inhumains et dégradants. Le thème choisi par le Cameroun : « « Protéger les droits des veuves, changer de mentalité », reste donc assez évocateur d’une situation qui demeure préoccupante. Aussi, le Cameroun s’est-il engagé à garantir les droits des veuves et l’orphelin, de manière à minimiser voire éradiquer leur vulnérabilité, en ratifiant quelques traités, accords et conventions.

Quelques conventions et Traités ratifiés par le Cameroun

La convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF)

Quelques avancées

Le Cameroun s’est par ailleurs doté d’un cadre législatif et réglementaire qui promeut les droits des veuves et des enfants.

Sur le plan institutionnel, le gouvernement compte plusieurs départements ministériels dont les missions intègrent entre autres, la protection sociale des veuves.

Au plan communautaire, des actions portées par le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) dénoncent les conséquences des pratiques sociales et culturelles néfastes affectant les veuves. Ces actions concernent la mise en place des associations des veuves, et l’éducation et la sensibilisation des familles et des communautés, des décideurs de tous bords, des agents publics intervenant dans le traitement des dossiers de pensions de réversion, et des magistrats statuant sur la succession.

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Dans le cadre de la mise en œuvre des activités prévues dans l’Accord de partenariat MINPROFF/CAMNAFAW, l’ONG CAMNAFAW (Cameroon National Association for Family Welfare) et ses Sous-Récipiendaires que sont les ONG : FESADE, PJD et APRODHAFIM, organisé une série de sessions de renforcement des capacités des responsables du MINIPROFF et des apprenants des CPFF, dans les 10 Régions du pays. Ledit renforcement de capacités qui avait pour objectif principal de doter chaque CPFF identifié par le partenaire de 15 Pair-Educateurs sur la lutte contre les VBG et le VIH/SIDA et 04 Superviseurs de Pair-Educateurs, rentre dans le cadre des activités du projet «Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme» au Cameroun.

Ainsi, dans la période allant du 19 mai au 24 juin 2020, 67 responsables du MINPROFF et 153 Apprenants des CPFF ont été formés sur l’ensemble des 10 Régions du Territoire national (Ambam, Ebolowa, Batoutri, Yaoundé, Douala, Limbé, Bamenda, Mbouda, Bafoussam, Meiganga, NGaoundéré, Garoua et Maroua). Les résultats suivants ont été atteints :

A toute fin utile, il convient de souligner que les 153 Pairs-Educateurs qui viennent ainsi d’être formés sont opérationnels et prêts à contribuer à la lutte contre les VBG et le VIH/Sida, notamment dans le cadre de la campagne «Vacances sans Sida». D’autant plus que pendant cette période de vacances scolaires (très longue cette année à cause du Covid-19), les jeunes se livrent à toutes sortes d’activités et de comportements déviants et/ou à risques.

 Un très bel exemple de partenariat public/société civile !

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La cérémonie présidée par le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille s’est déroulée le 05 mai 2020 dans la salle de conférences de la Délégation Régionale de la Promotion de la Femme et de la Famille du Centre.

Sous la conduite de leur Présidente fondatrice, le Professeur Rose LEKE, les femmes scientifiques ont remis à l’ASBY un lot de 1000 masques de protection contre la pandémie du Covid 19 et 05 cartons de savons. C’était au cours d’une cérémonie présidée par Madame ABENA ONDOA née OBAMA Marie Thérèse, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille.

C’est conscient du rôle que jouent ces femmes dans la chaine de production et de distribution des denrées alimentaires que le consortium Higher Women a choisi de leur porter secours afin de les protéger en ces temps de pandémie.

L’Association des Bayam Sellam du Cameroun s’est honorée de ce geste de solidarité féminine. Dans sa déclaration de circonstance à la presse, Madame Marie MBALLA BILOA, fondatrice de l’ASBY exprimait ses sentiments de joie de se retrouver dans une même salle avec des femmes intellectuelles pour recevoir ces dons

En choisissant de joindre leurs efforts à ceux du Gouvernement, la Présidente fondatrice du consortium Higher Women a émis le vœu que ce don de femmes scientifiques puisse sauver des vies.

Pour le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, protéger la bayam sellam c’est d’abord protéger les familles, la communauté et la nation toute entière. Le choix d’orienter ce don vers les bayam sellam est bien justifié car « Le coronavirus n’épargne personne. Les femmes bayam sellam sont nombreuses, et étendues sur l’ensemble du territoire…. Il nous était impossible d’aller dans les différents marchés, c’est pour cela que nous avons identifier la Présidente d’ASBY qui connait les marchés sur l’ensemble du territoire national pour lui remettre ces dons et elle saura le dispatcher dans les 10 régions. Les femmes bayam sellam sont une cible particulière sur laquelle nous devons nous pencher parce qu’elles nous nourrissent au quotidien, et en faisant le marché, il est difficile de respecter les mesures édictées par le Gouvernement. Nous devons tout faire pour les protéger et protéger aussi nous-même qui allons vers ces marchés. Il faut donc une discipline. » a-t-elle confié à la presse.

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Le Ministère de la Promotion, de la Femme et de la Famille (MINPROFF) et les Nations Unies (ONUFEMMES) veulent comprendre comment le Coronavirus affecte le quotidien des familles camerounaises. Du 06 au 20 mai, le Bureau Central des Recensements et des Etudes de Population (BUCREP) vous soumet un questionnaire en ligne. Son remplissage ne devrait pas prendre plus de 10 minutes. Toutes vos réponses sont anonymes et strictement confidentielles. Nous vous remercions pour votre participation et vous prions de partager ce message à vos contacts. Pour remplir le questionnaire, touchez le lien de couleur en étant connecté. http://forms.covid19.bucrep.cm

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The Ministry of Women's Empowerment and the Family (MINPROFF) and the United Nations (UNWOMEN), would like to find out how Coronavirus affects the daily life of Cameroonian families. From 6 to 20 May 2020, The Central Bureau of the Census and Population Studies (BUCREP) shall administer an online questionnaire to you, which shall not take you more than ten (10) minutes to complete. All your answers shall remain anonymous and strictly confidential. Thank you for taking part in this survey, and please, share this message with your contact list. To complete the questionnaire, touch the link while connected. http://forms.covid19.bucrep.cm

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Dans le cadre de la riposte du Gouvernement  à la propagation du COVID-19 dans la ville de Douala, le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille y a organisé, le vendredi 3 avril 2020, avec l’appui financier de l’UNICEF, une session de formation à l’intention des pairs-éducateurs religieux des différentes confessions religieuses de ladite ville. Cette formation avait pour objectif de donner aux pairs-éducateurs, des informations nécessaires sur le COVID-19 en vue d’une saine sensibilisation au sein de leurs familles et communautés respectives.

La délégation des facilitateurs partie de Yaoundé était composée ainsi qu’il suit

Pour les administrations publiques :

Représentants des confessions religieuses

La formation a ciblé cinquante pairs éducateurs du milieu religieux, répartis en deux groupes dans le but de respecter la distanciation sociale prescrite par l’Organisation Mondiale de la Santé. Ainsi, le premier groupe a été entretenu de 9heures à 13h, et le deuxième, de 14h à 17 heures.

Après la phase protocolaire d’ouverture des travaux, deux importants exposés ont été développés à l’intention des participants. Dans un premier temps, le Dr NGO TONYE en service à la Direction de la Promotion  Santé au MINSANTE a exposé sur : Generalités sur le COVID-19. L’intervenante a entretenu les participants sur :

Le deuxième exposé, développé par Madame ISSOLA Andrée Gaëlle, Communicatrice en service à la Direction de la Promotion de la Santé au MINSANTE  a porté sur la communication de risque.

L’objectif de cette communication était d’amener les participants à abandonner certaines pratiques et changer de comportements. Elle visait également à convaincre les citoyens qui doutent encore de l’existence de la pandémie. Pour ce faire, l’oratrice est revenue sur les outils préalables de la communication que sont : l’émetteur, le destinataire, le code, le message.

Pa la suite, il fallait répondre à la question ‘’pourquoi communiquer ?’’. Il faut communiquer pour donner la bonne information et rassurer le public accroché beaucoup plus sur les réseaux sociaux qui diffusent des messages apocalyptiques et non vérifiés, toute chose qui en rajoute à la psychose qui meurtrit la population. C’est la raison pour laquelle, a-t-elle poursuivi, le Chef de l’Etat a instruit qu’un point de la situation soit fait chaque jour à 18heures  par les responsables en charge de la santé publique. Ce point vise à communiquer sur l’évolution de la situation et sur les mesures de riposte du Gouvernement.

Les qualités d’une bonne communication ont également été évoquées. Il s’agit de la transparence et de la pro activité afin de barrer la voie à la désinformation. Il a été recommandé aux pairs-éducateurs de ne relayer que l’information officielle mise à disposition par les pouvoirs publics.

L’intervenante a, exemple à l’appui, expliqué  aux pairs-éducateurs comment aborder la question au sein des communautés, comment amener les familles qui cachent leurs malades à les référer vers les formations sanitaires ainsi que les risques liés à cette pratique tant pour les familles que pour la victime dont le corps, en cas de décès, ne sera pas remis à la famille pour l’organisation des obsèques conformément à nos us et coutumes. Cette mise au point a permis de dissiper le débat qui a cours au sein des communautés qui disent n’avoir pas encore vu un seul corps d’une victime du COVID-19, d’où leur doute sur l’existence réelle de la maladie.

La deuxième partie de la communication était axée sur l’engagement communautaire. C’est le processus par lequel les acteurs communautaires construisent un mécanisme d’intervention face à un défi. A ce propos, les participants ont été invités à combattre la rumeur. Pour ce faire, il faut vite communiquer. Mais si la rumeur venait à prendre l’avance sur la bonne information, il convient de vite la dissiper en utilisant le même canal par lequel elle a été distillée.

Après les communications en plénières, les  participants ont eu l’occasion, dans le cadre des échanges de poser toutes  leurs question. Elles ont porté entre autres sur ont porté entre autres sur :

A l’issue des travaux, les participants ont  proposé :

Il convient d’indiquer que des sessions similaires ont également été organisées à Yaoundé et à Bafoussam.

 

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35eme  édition de la Journée Internationale de la Femme au Cameroun

 

 LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME (JIF) EN HISTOIRE

La Journée Internationale de la Femme (JIF) est une journée de réflexion qui permet de faire l’état des lieux de la situation de la femme, et de mettre en place des stratégies de sa promotion, afin de lui permettre de jouir des mêmes droits que l’homme. Elle est instituée par les Nations Unies en 1977 et se célèbre le 08 mars de chaque année. Elle connaît les relents de sa source avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 de laquelle émanent les conventions et autres pactes en matière de droit des femmes. Les dispositions internationales de la JIF engagent ainsi les Etats à l’obligation morale et légale de corriger les inégalités entre les hommes et les femmes dans les domaines où elles persistent. Mais fondamentalement, son esprit et les thématiques développées depuis lors, se fondent sur les recommandations et les cadres opérationnels issus des quatre conférences mondiales sur les femmes qui se sont tenues en 1975 à Mexico, à Copenhague en 1980, en Nairobi en 1985 et à Beijing en 1995.

Avant son institution, quelques évènements l’ont suscitée à savoir :

- le soulèvement des ouvriers textiles à New-York contre les forces publiques, le 08 mars 1857 ;

- la création de la Commission de la Condition de la Femme aux Nations Unies, en reconnaissance de la participation des femmes à la vie et au développement des nations en 1946 ;

- la première conférence de Nations Unies sur les femmes tenue à Mexico en 1975 et la proclamation de l’Année Internationale de la Femme ?

- la Décennie des Nations Unies pour les femmes de 1975-1985;

- L’adoption en 1979 de la Convention pour l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF) les a d’ailleurs bien circonscrits : Promotion de la Femme, Elimination des stéréotypes, Egalité devant la loi, Traite des femmes et exploitation de la prostitution sexuelle, Nationalité, Education, Santé, Vie professionnelle et emploi, Vie politique et publique, Vie économique et sociale, Droit matrimonial et famille, Femmes rurales.

Par la suite, plusieurs plateformes d’échanges en vue de l’amélioration de la situation de la femme ont été conçues et mises en place tant à l’international que sur les plans continental, régional et national. On peut en citer quelques-unes à l’instar de :

- la réunion de l’International des Femmes Socialistes à Copenhague en 1910, consacrant la date du 08 mars à la célébration de la femme dans le monde entier ;

- la 4ème Conférence sur les femmes à Beijing en 1995, puis Beijing +5 avec évaluation des réalisations de la plateforme d’action de Beijing en

1999 ;

- la campagne mondiale dénommée " Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ", initiée et lancée par Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon.

Sur le plan continental africain, six conférences régionales ont eu lieu sous l’égide de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) :

- la Conférence de Nouakchott en Mauritanie en 1977 avec évaluation des progrès accomplis depuis la première Conférence mondiale ?

- la 2ème Conférence régionale à Lusaka en Zambie en 1984 pour la préparation de la 2ème Conférence mondiale sur la femme ?

- la 3ème Conférence régionale à Arusha en Tanzanie avec adoption des stratégies prospectives de la femme africaine et adoption africaine pour la

Conférence de Nairobi?

- la 4ème Conférence régionale à Abuja (Nigéria) en 1989, portant sur l’évaluation de la mise en œuvre des stratégies d’Arusha et l’Adoption de la Déclaration d’Abuja sur le « développement participatif : rôle de la femme africaine au cours des années 90 » ?

- la 5ème Conférence régionale à Dakar au Sénégal en 1994 sur la préparation de la Conférence de Beijing, avec adoption de la plateforme d’action pour l’Afrique ?

- la 6ème Conférence régionale à Addis-Abeba en Ethiopie en 1999 pour l’adoption du plan d’action africain pour l’accélération de la mise en œuvre des plateformes de Dakar et Beijing ?

- le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, relatifs aux Droits de la femme en Afrique en 2003, document marquant un pas important dans le processus de promotion des droits des femmes africaines et de lutte contre toutes les formes de discriminations et de violences à l’égard des femmes ?

- la Déclaration solennelle sur l’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique par les chefs d’Etat et de Gouvernement africains en 2004, qui

exprime les questions de Genre en Afrique ?

- la ratification du Protocole de Maputo en 2009 ?

- la Décennie de la femme africaine qui va de 2010 à 2020.

Mais il faut dire que les différents contextes politiques et socio-économiques que connaissent les pays africains en général et le Cameroun en particulier, ont conduit à un recadrage des réflexions et des politiques implémentées pour une meilleure promotion et sécurité de la femme.

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« PROMOTION DE L’EGALITE ET PROTECTION DES DROITS DE LA FEMME A L’HORIZON 2020 : DRESSER LE BILAN DES ACTIONS MENEES, FIXER UN NOUVEAU CAP »

Même si le principe d’égalité des droits s’inscrit dans la loi fondamentale du Cameroun ainsi que les conventions internationales en la matière, il n’en demeure pas moins que beaucoup reste encore à faire. Le thème de cette année 2020 a ainsi pour objectif principal, de susciter une réflexion en dressant un état des lieux de la promotion, de la mise en œuvre et du respect des droits des femmes. Mieux encore, il appelle à intensifier la sensibilisation et le plaidoyer en faveur de l’égalité des sexes dans tous les domaines. L’urgence au Cameroun semblant plus forte d’une part, au regard du contexte sociopolitique émaillé de violences perpétrées sur les femmes et les filles (viols et agressions physiques, prostitution forcée, assassinats et meurtres, harcèlement, …), et d’autre part, sur les grandes échéances qui marqueront l’année 2020 dans les domaines de la promotion de l’égalité des sexes et de la protection des droits spécifiques des femmes et des filles. Il y’a donc nécessité de mobiliser la communauté internationale autour du principe de l’égalité de genre La vulgarisation des droits de la femme au travers des instruments juridiques.

En conformité avec les instruments internationaux et régionaux en matière d’égalité entre les sexes, les actions du Gouvernement camerounais se traduisent par la volonté de renforcer les mesures prises dans les domaines politique, économique, social et culturel en vue de garantir les droits des femmes, sur une base d’égalité avec les hommes. Des actions et dispositifs de promotion de la femme et du genre visant à corriger les inégalités sont alors mis en œuvre par le Gouvernement avec la collaboration des partenaires au développement :

Il faut par ailleurs noter qu’au plan mondial, l’année visée connaîtra l’évaluation de la mise en œuvre par les états du programme et de la plateforme d’Action de Beijing 25 ans après leur adoption. Aussi faut-il rappeler que c’est lors de la 4ème Conférence des Nations Unies sur les femmes, tenue à Beijing du 04 au 15 septembre 1995, que les états dont le Cameroun, s’étaient formellement résolus à faire de la lutte contre les discriminations à l’égard des femmes, une priorité dans la formulation, l’implémentation, le développement et le suivi-évaluation des politiques de développement. Les mesures préconisées ici visaient à solutionner : la féminisation de la pauvreté, le difficile accès des femmes et des filles à l’éducation, la formation et l’information ? à une santé sexuelle et reproductive de qualité ? à la vie politique, la prise de décisions, la direction publique ? à la prévention, la résolution des conflits, aux processus de paix et aux circuits et ressources économiques. Il s’agissait également de trouver une solution à la sous-représentation des femmes dans la formulation des politiques relatives à la gestion de l’environnement ? les violences et maltraitances dont les femmes et les filles sont victimes ? l’exploitation dévalorisante de l’image de la femme dans les médias ? l’inefficacité des mécanismes institutionnels de promotion et de protection des droits de la femme.

Au niveau continental africain, l’année 2020 marque la clôture de la Décennie de la femme africaine. Laquelle couvre la période 2010-2020, et met en exergue la politique de développement des états dans les domaines de l’économie, l’agriculture, la santé, l’éducation, la science, le développement des technologies, la protection juridique des femmes, le financement du genre, la prise de décision, la vie associative. Le niveau de mise en œuvre de l’engagement des états parties étant déjà apprécié à l’horizon 2020 par l’Union Africaine.

Au plan national, il faut dire que l’année 2020 marque l’horizon de la Politique Nationale Genre et le déclenchement du processus de révision de cette politique, en vue d’un meilleur adressage des problèmes des femmes et des filles, et d’un cadrage adéquat des actions destinées à leur prise en charge. De plus, le Cameroun entend faire de la 35ème édition de la JIF, un outil d’évaluation multisectorielle de cette politique pour une meilleure implication des acteurs dans le nouveau ciblage en cours des orientations de politique pour les dix prochaines années. Dans la même lancée et pour répondre à la question de la Communauté internationale sur le degré d’efficacité des politiques engagées pour atteindre les cibles 25 ans après Beijing, le Cameroun s’apprête à prendre une part active à la 64ème session de la Commission des Nations Unies sur la condition de la femme, qui se tiendra à New York du 09 au 20 mars 2020.