Phénomène de repassage de seins au Cameroun

Phénomène de repassage de seins au Cameroun

Sur la réalité et la signification du phénomène

Le Cameroun compte plus de 200 ethnies. Chacune d’elles développe des mesures traditionnelles de protection sociale de l’enfant en général, de la fille en particulier. A l’effet de retarder la poussée mammaire de l’adolescente, certaines tribus, avaient recours à cette pratique que l’on désigne par abus de langage sous le concept effroyable de repassage des seins. La pratique consistait en réalité à masser avec douceur la poitrine de la jeune fille à l’aide d’herbes, d’écorces, de spatules de cuisine ou de pierres pour retarder le développement précoce des seins, et, partant, mettre la jeune fille à l’abri des assauts sexuels de la part des hommes sans scrupule, de la sexualité, de la maternité, du mariage précoce et du viol. Elle était aussi supposé permettre à la petite fille d’attendre une taille optimale.

Les femmes âgées qui s’y investissaient, prenaient toutes les dispositions pour amoindrir les risques d’apparition des séquelles physiques et d’atteinte à la santé que les associations concernées prétendent avoir observées.

« Le repassage des seins » ne fait pas intervenir un fer à repasser chauffant comme le font croire les commentaires.

La modernisation des cultures et des mentalités, le recul des barrières de l’ignorance grâce aux avancées de la scolarisation et aux actions de sensibilisation, d’information et de formation que mène le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille ont considérablement fait reculer la pratique. La non-inscription de variables y afférentes dans les enquêtes socio-démographiques et anthropologiques nationales et dans les documents de références tels que le rapport sur le développement humain que produit le Système des Nations-Unies est un indicateur parlant de ce recul du phénomène qui ne se laisse plus appréhender comme un fait culturel significatif. Les services déconcentrés du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille qui assurent le suivi et l’encadrement de proximité des femmes et des familles, sollicités sur le sujet parlent du phénomène au passé et affirment que sa pratique serait marginale.

2- Sur la fiabilité des statistiques diffusées

L’Institut National de la Statistique est la structure et l’autorité scientifique de référence en matière de production d’enquêtes socio-démographiques. Les autres institutions, notamment le Bureau Central de Recensements et des Enquêtes sur la Population et les Institutions universitaires y contribuent en raison de leur statut et de leur expertise dans le domaine. Les données ventilées par les regroupements associatifs, l’on ne sait selon quelle méthodologie concernés ont été produites sans la collaboration de ces structures, ce qui pose un problème de fiabilité et de qualité de l’information mise à la disposition du public.

3 – Sur les allégations relatives au rôle d’avant-garde des associations concernées dans la lutte contre le phénomène considéré comme une violence à l’égard des filles.

La lutte contre les violences faites aux femmes est un volet majeur de la politique gouvernementale de protection des droits de la femme au Cameroun. Dans ce domaine, c’est bien le Gouvernement, acteur de premier plan, qui définit le cadre global des interventions. L’action des organisations de la société civile vient en appoint, et non l’inverse.

Au cours de ces dernières années, le Gouvernement de la République a démontré sa volonté de trouver une solution globale et durable aux phénomènes des violences faites aux femmes. L’on peut citer, sans être exhaustif :

la ratification des instruments juridiques de protection des droits de la femme et de l’enfant. Sur la longue liste de ces instruments, figure le plus récemment ratifié, à savoir le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, relatif aux droits des femmes. Son article 1er inscrit au rang des violences tous actes perpétrés contre les femmes causant ou pouvant causer à celles-ci un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques. Alors que l’article 5 prévoit des mesures contre les pratiques culturelles néfastes portant atteinte aux droits humains des femmes et contraires aux normes internationales.

En tout état de cause, si le « repassage des seins » venait à prendre des formes nocives comme le prétendent les deux associations, il se retrouverait sur le chapitre des violences basées sur le genre que le Gouvernement a à cœur de résorber.

- la répression par le Code Pénal en ses articles 279, 280 et 281de tout acte pouvant entrainer une blessure légère, grave ou une incapacité ;
- l’élaboration d’une Stratégie Nationale de lutte contre les violences faites aux femmes, avec pour axes : la prévention, la prise en charge des victimes, la recherche, le renforcement de la lutte contre les violences spécifiques ;
- l’élaboration d’un Plan d’Action de Lutte contre les Mutilations Génitales Féminines ;
- la mise en place des comités locaux de lutte contre les Mutilations Génitales Féminines dans les zones de prévalence ;
- l’organisation, chaque année, d’une campagne de lutte contre les violences faites aux femmes ;
- l’organisation des cliniques socio juridiques ;
- la réalisation des études sur les violences basées sur le genre ;
- le développement des partenariats avec les leaders communautaires et religieux dans le cadre de la sensibilisation et du plaidoyer ;
- la réalisation d’études sur les pratiques des valeurs culturelles et sociales néfastes à l’égard des femmes ;
- la mise en place d’une plate-forme multi sectorielle de lutte contre les violences faites aux femmes ;
- l’élaboration d’un Programme National de la Santé de Reproduction ;
- la participation du Cameroun à la Campagne Mondiale initiée par le Secrétaire Général des Nations Unies contre les violences faites aux femmes ;
- l’élaboration d’un projet de décret portant, création au sein des Centres de Promotion de la Femme, des Unités de prise en charge des femmes en détresse ;
- le renforcement du cadre législatif par la révision en cours du Code Pénal qui prévoit l’incrimination et la répression des Mutilations Génitales.
En conséquence,

Les assertions propagées par les regroupements associatifs et certains médias sont disproportionnées et même en contradiction avec la réalité. Elles découlent d’un assemblage subjectif de données. Elles prennent à contre pied les rapports d’enquêtes nationaux (EDS, ECAM, Tableau de Bord Social, Annuaires Statistiques du Cameroun, etc… ) dont la fiabilité n’est pas encore démentie.

Le Gouvernement de la République poursuit sereinement, conformément aux orientations de politique du Chef de l’Etat, l’action engagée en faveur du respect des droits de la femme et de la fille dans une société camerounaise acquise aux idéaux de l’égalité des citoyens, de justice et de protection du caractère sacré de la personne humaine.

MINPROFF

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