IXème Edition de la Journée Internationale de la Fille

« Crises humanitaires et défis de protection de la fille »

C’est sous ce thème qu’ont porté le bilan et la réflexion sur la situation de la fille au Cameroun le 11 octobre 2020. Dans  son rapport sur la situation de l’enfant à travers le monde en 2018, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) indique que 132 millions de filles âgées de 6 à 17 ans sont encore privées d’école ; 63% des adultes analphabètes dans le monde sont des femmes ; 1 fille sur 4 ne va pas à l’école dans les pays en développement ; 64 millions de filles sont astreintes au travail forcé ; 12 millions de filles sont mariées de force chaque année avant l’âge de 18 ans, soit près de 33 000 filles par jour ; près de 120 millions de filles (soit 1 fille sur 10 de moins de 20 ans) ont été confrontées à la violence sexuelle. Quant aux organisations de défense des droits de la fille en particulier, elles pensent qu’au Cameroun, les violences sur les enfants connaissent une forte recrudescence. L’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) estime à 90%, les violences subies par les filles dans le cercle familial, amical ou par des proches.

Ce constat amer justifie l’institution de cette journée qui amène à porter le 11 octobre de chaque année, un regard critique sur les abus et discriminations subies par les filles. En effet, le 19 décembre 2011 l’Assemblée générale des Nations Unies à travers la Résolution 66/170 institue la Journée Internationale de la Fille le 11 octobre. Il s’agit de reconnaître les droits des filles en dénonçant les discriminations et atrocités auxquelles elles font face. Pris en exemple, de nombreuses familles sont victimes des exactions de la secte Boko Haram dans l’Extrême-Nord, laquelle secte utilise les filles comme des bombes humaines (kamikazes). Nombreuses sont également les filles  victimes de la crise sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où elles sont privées d’éducation. De plus, la pandémie du corona virus est venue aggraver la situation, avec la fermeture des écoles et autres lieux de cultes et de divertissement. Ce qui a donné lieu à un autre type d’abus et de trafic, des violences sexuelles et des grossesses indésirées, au point où l’on parle même de « bébés Covid-19 ». Aussi, promouvoir leur autonomisation et le respect de leurs droits humains passe-t-il par des formations et surtout la sensibilisation des familles, des communautés et des filles elles-mêmes en matière de santé (hygiène menstruelle, lutte contre le VIH Sida et d’autres maladies sexuellement transmissibles…).

Dans un discours du 12 octobre 2020, marquant l’engagement du gouvernement camerounais en faveur de l’épanouissement de la fille, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, madame Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse relève que les phases de développement de l’enfant indiquent clairement que l’adolescence est la période la plus délicate et critique dans la vie de la fille en particulier. Compte tenu de sa vulnérabilité, il apparaît nécessaire et urgent de porter une attention soutenue pour un devenir responsable et productif dans la chaîne de développement du pays. L’agenda 2030 des Nations Unies prescrit à travers l’objectif de Développement Durable N°5 de parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles. L’autonomisation des adolescentes constitue la clé pour rompre le cycle de discrimination et de toute violence subie par elles. Ceci appelle donc l’implication de tous, le soutien et l’engagement constant des parents, des tuteurs, des autorités et responsables traditionnels et religieux, des familles, des éducateurs, sans omettre  des garçons et des hommes. Il s’agit de revisiter les façons  de faire et d’être en vue de l’amélioration de la situation des filles, futures épouses mères et agents de développement.