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Discrimination à l’égard des femmes

DISCRIMINATION A L’EGARD DES FEMMES

Les droits fondamentaux constituent un ensemble de règles qui s’appliquent à tous les êtres humains, sans tenir compte de leur race, de leur sexe, de leur religion ou de leur condition sociale. Ce sont : les droits civils, les droits politiques, les droits économiques, les droits sociaux et droits culturels. A travers le monde, fort est de constater que, les femmes dans la jouissance de ces droits sont de plus en plus discriminées et victimes d’injustices diverses. L’Etat camerounais, la société civile et les Nations-Unies ne sont donc pas restés inactifs face à cette situation.

I- DEFINITIONS

La Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des Femmes (CEDEF), entend par « discrimination à l’égard des femmes », le fait d’accorder un traitement différent et injuste aux femmes, par rapport aux hommes, dans divers domaines de la vie (politique, économique, social, culturel et civil).

Selon le protocole de Maputo, la discrimination à l’égard des femmes est définie comme : « toute distinction, exclusion, restriction ou tout traitement différencié fondé sur le sexe, et qui ont pour but ou pour effet de comprendre ou d’interdire la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice par les femmes, quelque soit leur situation matrimoniale, des droits humains et des libertés fondamentales dans tous les domaines de la vie ».

Ceci conduit à mettre les femmes à l’écart, à les empêcher de mener certaines activités ou de bénéficier des avantages qui sont reconnus à tout être humain, juste parce qu’elles sont de sexe féminin.

Il s’agit par exemple : de les empêcher d’être candidates aux élections, de choisir librement leurs candidats lors des élections organisées, de choisir librement celui avec qui elles doivent se marier, d’aller à l’école, de prendre la parole en public ou à la maison…

Ainsi, malgré les déclarations et les recommandations adoptées par les Etats en vue de promouvoir l’égalité des droits de l’homme et de la femme, ces dernières continuent à faire l’objet d’importantes discriminations. Ceci constitue une violation non seulement du principe d’égalité des droits, mais aussi du respect de la dignité humaine, entrave la participation des femmes à la vie politique, dans les mêmes conditions que les hommes et fait obstacle à l’accroissement du bien-être de la société et de la famille.

 

II- REPONSES NATIONALES

Il s’agit d’un fléau qui préoccupe le Gouvernement camerounais.

Diverses mesures ciblées sont mises en œuvre pour y mettre un terme. Ces mesures qui bénéficient de l’appui multiforme des partenaires au développement, sont d’ordre normatifs, institutionnels et  opérationnels.

Ainsi, le Cameroun est signataire de tous les textes juridiques relatifs à la lutte contre les discriminations à l’égard des femmes.

  • Textes internationaux

Nous pouvons

  • la déclaration universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 ;
  • le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ;
  • le pacte international relatif aux droits civils et politiques et son Premier Protocole ;
  • la Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination raciale du 21 décembre 1965 ;
  • la Convention 111 sur la discrimination en matière d’emploi et de profession ;
  • la Convention sur le consentement au mariage, l’âge minimum du mariage ;
  • la Convention sur le travail de nuit des femmes ;
  • la Convention N°100 sur l’égalité de la rémunération ;
  • la Convention sur les droits politiques de la femme ;
  • la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies ;
  • la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 20 décembre 1993 ;
  • la Déclaration sur la protection des femmes et des enfants en période d’urgence et des conflits armés.

 

  • Textes régionaux
  • le protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples relatifs aux droits des femmes ;
  • le Protocole additionnel à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatifs aux droits de la femme.

 

  • Législation nationale

Il s’agit de :

  • la constitution du Cameroun ;
  • la loi du 29 décembre 2006 portant organisation judiciaire ;
  • le code civil applicable au Cameroun ;
  • le code du travail du 14 Août 1992 ;
  • la loi N°90/053 du 19 décembre 1990 sur la liberté d’association ;
  • la loi sur la profession des pharmaciens de 1990 autorisant la vente des contraceptifs ;
  • la loi du 19 décembre 1990 sur les conditions d’entrée, de séjour et de sortie du territoire camerounais (qui consacre entre autre la suppression de l’autorisation maritale pour le déplacement de la femme) ;
  • la loi N°98/004 du 14 Avril 1998 portant orientation de l’Education au Cameroun ;
  • le Code de Procédure Pénal de 2015 ;
  • de Code Pénal révisé le 12 Juillet 2016.

Le cadre institutionnel de lutte contre ce phénomène comprend : les structures publiques (MINPROFF, NINAS, MINJUSTICE), les partenaires sociaux et les Organismes de Protection.

III- LES FORCES ET FAIBLESSES DE LA REPONSE NATIONALE

L’analyse de la réponse nationale dégage les forces et faiblesses ainsi qu’il suit :

  • Les forces
  • Volonté politique: la lutte contre les VBG s’inscrit au rang des priorités du Cameroun.

Le Chef de l’Etat engage le Gouvernement à mener des actions concrètes dans ce domaine : « il serait souhaitable que disparaissent au sein de notre société, les multiples manifestations d’incivilité, telles que les violences faites aux femmes… » (Message à la Nation, le 31 décembre 2007) ;

  • appui des partenaires sociaux, techniques et financiers.

 

  • Les faiblesses
  • Insuffisance des ressources allouées à la lutte contre ce fléau ;
  • insuffisance de coordination des interventions des OSC et des partenaires au développement ;
  • appropriation sociale insuffisante des textes relatifs à la protection sociale des droits des femmes ;
  • insuffisance des ressources humaines qualifiées en matière de lutte contre les discriminations à l’égard des femmes;
  • insuffisance de structures d’accueil et de prise en charge ;
  • climat d’insécurité dans les régions de l’Est, du Nord-Ouest, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua ;
  • influence néfaste des réseaux sociaux ;
  • contraintes liées à la conjoncture économique ;
  • changements climatiques entraînant la raréfaction des ressources.

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