[:fr]

La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille évalue l’état d’avancement de la décentralisation cinq ans après

THEME: L'approfondissement de la décentralisation et du développement local à travers une participation effective des femmes à la gouvernance locale

10 août 2015

DECENTRALISATION INFOS

  1. Quel bilan dressez-vous dans le cadre des transferts des compétences aux collectivités territoriales décentralisées en ce qui concerne votre département ministériel?

Avant de répondre précisément à votre question, il importe de rappeler que,depuis les lois sur la décentralisation promulguées le 22 juillet 2004, le Cameroun s'est résolument engagé dans une dynamique de développement des potentialités locales. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, dans ses missions relatives au respect des droits de la femme et à la promotion de la famille, n’a pas cru devoir accuser du retard dans la mise en œuvre de cette politique gouvernementale. Aussi, ce département ministériel dont j'ai la charge a-t-il fait partie de la première génération des transferts des compétences et des ressources. L’entretien et la gestion des Centres de Promotion de la Femme et de la Famille(CPFF) ont été transférés par l’Etat aux Communes en vertu du Décret N° 2010/0241/PM du 26 février 2010.

En vue de l’application dudit décret, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a signé, le 09 septembre 2010, l’Arrêté N°2010/0003/A/MINPROFF/CAB portant Cahier de charges précisant les conditions et modalités techniques d’exercice des compétences transférées, dans la perspective du suivi, du contrôle et de l’évaluation de l’exercice des compétences concernées.

L'évaluation, à ce jour, de cette opération est riche d’enseignements. Des avancées significatives ont été enregistrées, notamment en ce qui concerne l’appropriation du principe même de décentralisation et le passage de la gestion financière des mains des responsables des CPFF à celles des Magistrats municipaux.

Mais cette évaluation met également en lumière quelques obstacles qui ont empêché la décentralisation de prendre rapidement et complètement corps, dans son aspect pratique : divergence de la perception du rôle de la décentralisation, maîtrise approximative des procédures, manque d’intérêt de certains maires pour ces structures toujours appelées à tort « Maisons de la Femme », conflits réels ou latents entre élus locaux et Directeurs des CPFF.

C’est dire que la mise en commun de ces contraintes a eu une influence certaine sur l’impact réel du processus de décentralisation. Mais, grâce aux réajustements opérés et aux sessions d'information, de formation et de sensibilisation organisées à l'intention des différents acteurs, une évolution positive est observée, et les cibles du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille que sont les femmes et les familles se sentent de plus en plus proches de l’Administration ou plus impliquées dans la gestion de la chose publique, dans leurs collectivités respectives. Et c'est là, me semble-t-il, l'objectif poursuivi par le système de décentralisation, par opposition à la déconcentration.

  1. En matière de promotion de la femme particulièrement, le public a du mal à percevoir une élévation de la qualité des services fournis par les CPFF depuis leur transfert dans le giron des Mairies. Le contraire est même assez souvent décrié. Comment expliquez-vous cela, vous qui mettez en œuvre la politique gouvernementale dans le secteur?

La perception que le public a du fonctionnement des CPFF, au lendemain du transfert de leur entretien et de leur gestion aux Communes, peut se justifier par la situation décrite plus haut. Celle-ci a eu de graves répercussions sur la performance des Centres : retard dans l’acquisition des fournitures de bureau et du matériel didactique, lenteurs dans le paiement des salaires des formateurs PPTE, avec pour conséquences le malaise et la démotivation perceptibles de ces personnels, mise en hibernation des activités pédagogiques, formation des cibles au rabais, avec pour corollaire la désertion des CPFF par les apprenantes. Il s'agit là des difficultés inhérentes à la mise en route de toute réforme d’envergure. Des instructions précises ont été données à nos collaborateurs, à l’occasion des Conférences Annuelles ou des Etats Généraux des CPFF organisés par le MINPROFF, avec l’appui technique appréciable des experts du MINATD, en vue de rendre efficace et efficient le processus de décentralisation au sein de nos Unités Techniques Spécialisées. La qualité des prestations servies par les Centres s’est progressivement et nettement améliorée, à la satisfaction de nos cibles que sont les femmes et les familles. Il reste que les autres acteurs prennent la mesure de leurs missions en appliquant les dispositions pertinentes et obligatoires du Cahier de Charges mis à leur disposition, afin que l’impact de ces structures soit visible sur le vécu quotidien des populations à la base. Je pense ici à la nécessaire remontée des informations sur l’exercice des compétences transférées et la gestion des ressources y relatives, par la transmission régulière des rapports semestriels par les Magistrats municipaux, à la réactivation des Conseils de Direction des Centres, au recrutement et à la prise en charge par les Communes du personnel d’appoint(secrétaires, agents d’entretien, gardiens…), à la célérité dans les procédures d’engagement des crédits alloués par l’Etat…

  1. Comment entrevoyez-vous l’avenir de ces structures ? Leur passage sous de nouvelles structures implique- t-il que ces Centres sortent totalement de l’agenda gouvernemental en matière de promotion du genre ?

Malgré la persistance de certaines entraves observées dans l’entretien et la gestion de ces structures, j’entrevois leur avenir avec optimisme. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, la décentralisation procédant d’une volonté politique, d’un projet de société du Président de la République, S. E. Paul Biya,et puisant sa source dans une disposition constitutionnelle selon laquelle « la République du Cameroun est un Etat unitaire et décentralisé. ». Qualifiée d’ « irréversible » par S. E. Philemon Yang, Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président du Conseil National de la Décentralisation, cette réforme est sous-tendue dans sa mise en œuvre par les principes de subsidiarité, de progressivité et de complémentarité. Du coup, il ne peut être envisagé la sortie du fonctionnement des CPFF de l’agenda gouvernemental en matière de promotion de la femme et du genre. La loi prévoit du reste que les compétences transférées aux collectivités territoriales par l’Etat ne sont pas exclusives. Cela signifie qu’elles sont exercées de manière concurrente par l’Etat et celles-ci. Le Cahier de Charges va plus loin en précisant, à cet égard, et pour que nul n’en ignore, les obligations de l’Etat et celles des Communes

  1. La décentralisation, plaçant les Communes au centre du développement local, apparaît comme une opportunité pour les femmes de conforter leur participation à la vie publique. Quel regard jetez-vous sur la manière dont cette occasion a, jusqu’ici, été saisie par ces dames ?

La décentralisation est un mode de gestion de l’Etat, une méthode d’administration du territoire qui vise à rapprocher l’Administration de tous les citoyens, sans aucune distinction, et d’associer ceux-ci à la gestion de la chose publique à l’échelon local. Cette gestion devrait être mieux réalisée que l’autorité locale a la possibilité d’appréhender son environnement. Rien, en ce qui concerne l’acquisition, l’entretien ou la gestion du bien commun ne saurait être étrange, ni étranger aux intéressés ou à leurs représentants, puisqu’ils auront contribué à la prise de décision et au suivi des réalisations qui en découlent. Dans ce contexte, les femmes camerounaises, en tant que citoyennes à part entière, ne peuvent qu’apprécier et saisir une telle opportunité pour renforcer leurs capacités, participer à la gestion de la chose publique et améliorer leurs conditions de vie, être des actrices et non des spectatrices de leur propre devenir.

  1. Les statistiques montrent un bon en avant du chiffre des femmes autant dans les Communes qu’au Parlement. Mais quelle stratégie pour pérenniser cette évolution positive ?

Dans ce domaine, des efforts ont été déployés par les acteurs sociaux et des progrès sensibles enregistrés. Ainsi, en ce qui concerne les Exécutifs communaux, la proportion de femmes Maires qui était de 06,7% en 2007, avec 19,7% d’Adjoints aux Maires, est de l’ordre de 07% depuis 2013. S’agissant des Députés à l’Assemblée Nationale, le chiffre est passé de 25 entre 2007 et 2012 à 56 (31,11%) depuis 2013.Au niveau du Sénat, l’on compte, pour la première fois, en 2013, 21 femmes Sénateurs, soit 21%. Mais, cette participation des femmes à la prise de décisions et à la direction des affaires publiques reste globalement faible.

Alors, quelle stratégie pour pérenniser l’évolution positive ?

ministre2Au niveau gouvernemental, des mesures ont été prises, notamment ;

  1. la tenue de journées d’échanges sur Femmes et Démocratie en vue d’identifier les obstacles à l’émergence des femmes dans la scène politique ;
  2. l’intensification du plaidoyer en vue d’une meilleure représentation et représentativité des femmes aux postes électifs et dans les instances dirigeantes des formations politiques ;
  3. l’inscription du genre dans la loi électorale ;
  4. la disqualification des listes électorales sans candidature féminine ;
  5. l’élaboration d’une Stratégie Genre d’ELECAM, organe indépendant chargé de l’organisation des élections au Cameroun ;
  6. la publication et la vulgarisation d’un Manuel de formation politique des femmes ;
  7. le renforcement des capacités politiques des femmes candidates aux élections ou désireuses de se lancer dans la politique.
  1. Si le nombre de femmes grossit, la qualité de ces représentantes est souvent sujette à caution. Comment se déploie votre département ministériel afin de promouvoir le renforcement des capacités dans le milieu des associations et réseaux d’associations féminines ?

 

Au-delà du nombre, la qualité de la représentation féminine dans les instances de prise de décisions et de direction des affaires publiques constitue l’une de nos préoccupations majeures. L’objectif poursuivi n’est pas, loin s’en faut, de faire de la simple figuration dans le jeu et la scène politiques, de rechercher simplement la parité homme – femme pour la parité homme – femme. Il ne s’agit pas pour elles d’une mesure philanthropique. Les femmes qui occupent des postes électifs aujourd’hui doivent savoir qu’elles ont un défi à relever, une obligation de résultat : montrer à la communauté nationale que leur participation à la vie publique est à la fois légitime, incontournable et porteuse de progrès et d’espoir pour l’avenir de notre pays. Par le biais des Services Déconcentrés du Ministère, nous organisons des sessions d’information et de sensibilisation à l’intention des membres de ces organisations d’encadrement des femmes pour améliorer leur leadership, le support pédagogique étant le Manuel de formation politique des femmes publié par le Ministère en 2013. En effet, nombreuses sont encore les femmes qui croient que la politique est une activité réservée aux hommes, toute initiative de leur part dans ce domaine étant vouée à l’échec. Ce document est riche en enseignements. Il les édifie sur toute la législation en matière électorale : les conditions d’éligibilité des responsables politiques, les modalités de gestion du contentieux électoral, les voies de recours, les techniques de négociations, de partenariats et des alliances politiques, les voies et moyens de mobilisation des ressources nécessaires pour une participation optimale à une campagne électorale, etc.

Interview réalisée par CHETAH BILE

[:]

Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

[:fr]

La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille évalue l’état d’avancement de la décentralisation cinq ans après

THEME: L'approfondissement de la décentralisation et du développement local à travers une participation effective des femmes à la gouvernance locale

10 août 2015

DECENTRALISATION INFOS

  1. Quel bilan dressez-vous dans le cadre des transferts des compétences aux collectivités territoriales décentralisées en ce qui concerne votre département ministériel?

Avant de répondre précisément à votre question, il importe de rappeler que,depuis les lois sur la décentralisation promulguées le 22 juillet 2004, le Cameroun s'est résolument engagé dans une dynamique de développement des potentialités locales. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, dans ses missions relatives au respect des droits de la femme et à la promotion de la famille, n’a pas cru devoir accuser du retard dans la mise en œuvre de cette politique gouvernementale. Aussi, ce département ministériel dont j'ai la charge a-t-il fait partie de la première génération des transferts des compétences et des ressources. L’entretien et la gestion des Centres de Promotion de la Femme et de la Famille(CPFF) ont été transférés par l’Etat aux Communes en vertu du Décret N° 2010/0241/PM du 26 février 2010.

En vue de l’application dudit décret, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a signé, le 09 septembre 2010, l’Arrêté N°2010/0003/A/MINPROFF/CAB portant Cahier de charges précisant les conditions et modalités techniques d’exercice des compétences transférées, dans la perspective du suivi, du contrôle et de l’évaluation de l’exercice des compétences concernées.

L'évaluation, à ce jour, de cette opération est riche d’enseignements. Des avancées significatives ont été enregistrées, notamment en ce qui concerne l’appropriation du principe même de décentralisation et le passage de la gestion financière des mains des responsables des CPFF à celles des Magistrats municipaux.

Mais cette évaluation met également en lumière quelques obstacles qui ont empêché la décentralisation de prendre rapidement et complètement corps, dans son aspect pratique : divergence de la perception du rôle de la décentralisation, maîtrise approximative des procédures, manque d’intérêt de certains maires pour ces structures toujours appelées à tort « Maisons de la Femme », conflits réels ou latents entre élus locaux et Directeurs des CPFF.

C’est dire que la mise en commun de ces contraintes a eu une influence certaine sur l’impact réel du processus de décentralisation. Mais, grâce aux réajustements opérés et aux sessions d'information, de formation et de sensibilisation organisées à l'intention des différents acteurs, une évolution positive est observée, et les cibles du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille que sont les femmes et les familles se sentent de plus en plus proches de l’Administration ou plus impliquées dans la gestion de la chose publique, dans leurs collectivités respectives. Et c'est là, me semble-t-il, l'objectif poursuivi par le système de décentralisation, par opposition à la déconcentration.

  1. En matière de promotion de la femme particulièrement, le public a du mal à percevoir une élévation de la qualité des services fournis par les CPFF depuis leur transfert dans le giron des Mairies. Le contraire est même assez souvent décrié. Comment expliquez-vous cela, vous qui mettez en œuvre la politique gouvernementale dans le secteur?

La perception que le public a du fonctionnement des CPFF, au lendemain du transfert de leur entretien et de leur gestion aux Communes, peut se justifier par la situation décrite plus haut. Celle-ci a eu de graves répercussions sur la performance des Centres : retard dans l’acquisition des fournitures de bureau et du matériel didactique, lenteurs dans le paiement des salaires des formateurs PPTE, avec pour conséquences le malaise et la démotivation perceptibles de ces personnels, mise en hibernation des activités pédagogiques, formation des cibles au rabais, avec pour corollaire la désertion des CPFF par les apprenantes. Il s'agit là des difficultés inhérentes à la mise en route de toute réforme d’envergure. Des instructions précises ont été données à nos collaborateurs, à l’occasion des Conférences Annuelles ou des Etats Généraux des CPFF organisés par le MINPROFF, avec l’appui technique appréciable des experts du MINATD, en vue de rendre efficace et efficient le processus de décentralisation au sein de nos Unités Techniques Spécialisées. La qualité des prestations servies par les Centres s’est progressivement et nettement améliorée, à la satisfaction de nos cibles que sont les femmes et les familles. Il reste que les autres acteurs prennent la mesure de leurs missions en appliquant les dispositions pertinentes et obligatoires du Cahier de Charges mis à leur disposition, afin que l’impact de ces structures soit visible sur le vécu quotidien des populations à la base. Je pense ici à la nécessaire remontée des informations sur l’exercice des compétences transférées et la gestion des ressources y relatives, par la transmission régulière des rapports semestriels par les Magistrats municipaux, à la réactivation des Conseils de Direction des Centres, au recrutement et à la prise en charge par les Communes du personnel d’appoint(secrétaires, agents d’entretien, gardiens…), à la célérité dans les procédures d’engagement des crédits alloués par l’Etat…

  1. Comment entrevoyez-vous l’avenir de ces structures ? Leur passage sous de nouvelles structures implique- t-il que ces Centres sortent totalement de l’agenda gouvernemental en matière de promotion du genre ?

Malgré la persistance de certaines entraves observées dans l’entretien et la gestion de ces structures, j’entrevois leur avenir avec optimisme. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, la décentralisation procédant d’une volonté politique, d’un projet de société du Président de la République, S. E. Paul Biya,et puisant sa source dans une disposition constitutionnelle selon laquelle « la République du Cameroun est un Etat unitaire et décentralisé. ». Qualifiée d’ « irréversible » par S. E. Philemon Yang, Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président du Conseil National de la Décentralisation, cette réforme est sous-tendue dans sa mise en œuvre par les principes de subsidiarité, de progressivité et de complémentarité. Du coup, il ne peut être envisagé la sortie du fonctionnement des CPFF de l’agenda gouvernemental en matière de promotion de la femme et du genre. La loi prévoit du reste que les compétences transférées aux collectivités territoriales par l’Etat ne sont pas exclusives. Cela signifie qu’elles sont exercées de manière concurrente par l’Etat et celles-ci. Le Cahier de Charges va plus loin en précisant, à cet égard, et pour que nul n’en ignore, les obligations de l’Etat et celles des Communes

  1. La décentralisation, plaçant les Communes au centre du développement local, apparaît comme une opportunité pour les femmes de conforter leur participation à la vie publique. Quel regard jetez-vous sur la manière dont cette occasion a, jusqu’ici, été saisie par ces dames ?

La décentralisation est un mode de gestion de l’Etat, une méthode d’administration du territoire qui vise à rapprocher l’Administration de tous les citoyens, sans aucune distinction, et d’associer ceux-ci à la gestion de la chose publique à l’échelon local. Cette gestion devrait être mieux réalisée que l’autorité locale a la possibilité d’appréhender son environnement. Rien, en ce qui concerne l’acquisition, l’entretien ou la gestion du bien commun ne saurait être étrange, ni étranger aux intéressés ou à leurs représentants, puisqu’ils auront contribué à la prise de décision et au suivi des réalisations qui en découlent. Dans ce contexte, les femmes camerounaises, en tant que citoyennes à part entière, ne peuvent qu’apprécier et saisir une telle opportunité pour renforcer leurs capacités, participer à la gestion de la chose publique et améliorer leurs conditions de vie, être des actrices et non des spectatrices de leur propre devenir.

  1. Les statistiques montrent un bon en avant du chiffre des femmes autant dans les Communes qu’au Parlement. Mais quelle stratégie pour pérenniser cette évolution positive ?

Dans ce domaine, des efforts ont été déployés par les acteurs sociaux et des progrès sensibles enregistrés. Ainsi, en ce qui concerne les Exécutifs communaux, la proportion de femmes Maires qui était de 06,7% en 2007, avec 19,7% d’Adjoints aux Maires, est de l’ordre de 07% depuis 2013. S’agissant des Députés à l’Assemblée Nationale, le chiffre est passé de 25 entre 2007 et 2012 à 56 (31,11%) depuis 2013.Au niveau du Sénat, l’on compte, pour la première fois, en 2013, 21 femmes Sénateurs, soit 21%. Mais, cette participation des femmes à la prise de décisions et à la direction des affaires publiques reste globalement faible.

Alors, quelle stratégie pour pérenniser l’évolution positive ?

ministre2Au niveau gouvernemental, des mesures ont été prises, notamment ;

  1. la tenue de journées d’échanges sur Femmes et Démocratie en vue d’identifier les obstacles à l’émergence des femmes dans la scène politique ;
  2. l’intensification du plaidoyer en vue d’une meilleure représentation et représentativité des femmes aux postes électifs et dans les instances dirigeantes des formations politiques ;
  3. l’inscription du genre dans la loi électorale ;
  4. la disqualification des listes électorales sans candidature féminine ;
  5. l’élaboration d’une Stratégie Genre d’ELECAM, organe indépendant chargé de l’organisation des élections au Cameroun ;
  6. la publication et la vulgarisation d’un Manuel de formation politique des femmes ;
  7. le renforcement des capacités politiques des femmes candidates aux élections ou désireuses de se lancer dans la politique.
  1. Si le nombre de femmes grossit, la qualité de ces représentantes est souvent sujette à caution. Comment se déploie votre département ministériel afin de promouvoir le renforcement des capacités dans le milieu des associations et réseaux d’associations féminines ?

 

Au-delà du nombre, la qualité de la représentation féminine dans les instances de prise de décisions et de direction des affaires publiques constitue l’une de nos préoccupations majeures. L’objectif poursuivi n’est pas, loin s’en faut, de faire de la simple figuration dans le jeu et la scène politiques, de rechercher simplement la parité homme – femme pour la parité homme – femme. Il ne s’agit pas pour elles d’une mesure philanthropique. Les femmes qui occupent des postes électifs aujourd’hui doivent savoir qu’elles ont un défi à relever, une obligation de résultat : montrer à la communauté nationale que leur participation à la vie publique est à la fois légitime, incontournable et porteuse de progrès et d’espoir pour l’avenir de notre pays. Par le biais des Services Déconcentrés du Ministère, nous organisons des sessions d’information et de sensibilisation à l’intention des membres de ces organisations d’encadrement des femmes pour améliorer leur leadership, le support pédagogique étant le Manuel de formation politique des femmes publié par le Ministère en 2013. En effet, nombreuses sont encore les femmes qui croient que la politique est une activité réservée aux hommes, toute initiative de leur part dans ce domaine étant vouée à l’échec. Ce document est riche en enseignements. Il les édifie sur toute la législation en matière électorale : les conditions d’éligibilité des responsables politiques, les modalités de gestion du contentieux électoral, les voies de recours, les techniques de négociations, de partenariats et des alliances politiques, les voies et moyens de mobilisation des ressources nécessaires pour une participation optimale à une campagne électorale, etc.

Interview réalisée par CHETAH BILE

[:]

Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

le CPFF de Mokolo en partenariat avec Plan international et le HCR

en studio à la radio communautaire Écho des montagnes pour relever l'impact

de la pandémie sur l'économie des familles et proposition des astuces à la communauté pour s'en sortir

Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

Le thème retenu au Cameroun en 2020 est : « Femmes africaines et les défis liés à la pandémie du Corona virus ». Cette journée a été marquée par une cérémonie à double-portée : la déclaration le jeudi 30 Juillet 2020, de la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, madame ABENA ONDOA née OBAMA Marie Thérèse et la remise des appuis divers aux femmes porteuses des Activités Génératrices de Revenus (AGR) dont le quotidien a été fragilisé par la pandémie du Corona virus, aux déplacées internes ainsi qu’aux femmes ressortissantes de la Sous - région d’Afrique Centrale.

Les points de réflexion autour desquels ont été menés les activités de la JFA ont porté sur: la résilience des femmes et des filles en général et notamment en milieu rural face aux conséquences socioéconomiques de la Covid-19, le renforcement de leur pouvoir économique, la promotion de l’entrepreneuriat féminin, le renforcement de leur accès à la formation , aux technologies de l’information et de la communication, et à l’économie numérique ; le renforcement du système de protection et d’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant en santé de reproduction et lutte contre le VIH-Sida. Sur le plan politique, la Minproff dans sa déclaration fait remarquer que beaucoup reste encore à faire, malgré les avancées non négligeables réalisées avec 11 femmes ministres, 26 femmes aux Sénat, 61 femmes à l’Assemblée Nationale et 37 femmes dans les Exécutifs communaux.

Un accent a par ailleurs été mis sur la réalité de continuer de combattre la Covid-19 qui fait toujours d’énormes ravages au sein des familles. L’impérieuse nécessité du respect des mesures barrières s’applique d’après la Minproff, autant à la femme qu’à tous. Il s’agit donc du « lavage des mains, du port obligatoire d’un masque de protection, du respect de la distanciation sociale, de la proscription des rassemblements et de la poignée de main, de tousser dans le pli du coude ou dans un mouchoir et d’appeler le 1510 en cas d’aggravation des symptômes ».

Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

C’est dans le cadre de la riposte contre la pandémie du coronavirus, que se situe l’audience accordée le jeudi 23 Juillet 2020 par la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille à ses partenaires ONU-Femmes et UNICEF.

A cet effet, Madame HIND JALAL, Représentante d’ONU-Femmes et Monsieur Jacques BOYER, Représentant de UNICEF, se sont accordés pour la réalisation d’un projet datant du 05 Juin 2020 pour la production de 30 000 masques, confectionnés par des couturières du Centre de Promotion de la Femme et de la Famille de Yaoundé 6. La fierté exprimée tant par les deux organismes que le MINPROFF, de voir ce projet réalisé a été matérialisée le jeudi 23 Juillet 2020, par la remise officielle desdits masques à Madame ABENA ONDOA née OBAMA Marie-Thérèse, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille pour une redistribution aux populations vulnérables.  Le projet a été d’autant plus porteur du fait qu’un business model a été développé avec KmerPad Association, partenaire d’exécution pour un transfert réel de technologie à l’endroit des cibles. Cette initiative a également permis à certaines femmes de bénéficier d’une expertise en termes de renforcement de capacités, et de pouvoir en tirer des dividendes.

Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

Thème: « Protéger les droits des veuves, changer de mentalité »

Instituée au cours de la 66ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, en Résolution 65/189du 21 décembre 2010, la Journée Internationale des Veuves se célèbre le 23 juin de chaque année.

Pour la 10ème édition, le Cameroun s’est joint comme toujours, à la Communauté internationale pour continuer le plaidoyer en faveur des droits des veuves. On dénombre environ 250 millions de veuves dans le monde, dont plus de 100 millions vivant en dessous du seuil de pauvreté. Dans la plupart des cas et en Afrique en général, les veuves sont victimes de violences et injustices de toutes sortes, elles subissent des rites déshumanisants, ainsi que d’autres pratiques socioculturelles abominables et néfastes. Parfois remariées de force à un autre membre de la famille par la pratique du lévirat, elles sont spoliées de leurs biens, et expulsées du domicile conjugal.

Pour les pouvoirs publics, il est donc urgent de procéder par une approche sans discrimination de sexe. Il est important de renforcer le cadre juridique tant national qu’international du conjoint survivant contre la violation de ses droits, en assurant une lutte efficace contre les traitements inhumains et dégradants. Le thème choisi par le Cameroun : « « Protéger les droits des veuves, changer de mentalité », reste donc assez évocateur d’une situation qui demeure préoccupante. Aussi, le Cameroun s’est-il engagé à garantir les droits des veuves et l’orphelin, de manière à minimiser voire éradiquer leur vulnérabilité, en ratifiant quelques traités, accords et conventions.

Quelques conventions et Traités ratifiés par le Cameroun

La convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF)

Quelques avancées

Le Cameroun s’est par ailleurs doté d’un cadre législatif et réglementaire qui promeut les droits des veuves et des enfants.

Sur le plan institutionnel, le gouvernement compte plusieurs départements ministériels dont les missions intègrent entre autres, la protection sociale des veuves.

Au plan communautaire, des actions portées par le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) dénoncent les conséquences des pratiques sociales et culturelles néfastes affectant les veuves. Ces actions concernent la mise en place des associations des veuves, et l’éducation et la sensibilisation des familles et des communautés, des décideurs de tous bords, des agents publics intervenant dans le traitement des dossiers de pensions de réversion, et des magistrats statuant sur la succession.

Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

Dans le cadre de la mise en œuvre des activités prévues dans l’Accord de partenariat MINPROFF/CAMNAFAW, l’ONG CAMNAFAW (Cameroon National Association for Family Welfare) et ses Sous-Récipiendaires que sont les ONG : FESADE, PJD et APRODHAFIM, organisé une série de sessions de renforcement des capacités des responsables du MINIPROFF et des apprenants des CPFF, dans les 10 Régions du pays. Ledit renforcement de capacités qui avait pour objectif principal de doter chaque CPFF identifié par le partenaire de 15 Pair-Educateurs sur la lutte contre les VBG et le VIH/SIDA et 04 Superviseurs de Pair-Educateurs, rentre dans le cadre des activités du projet «Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme» au Cameroun.

Ainsi, dans la période allant du 19 mai au 24 juin 2020, 67 responsables du MINPROFF et 153 Apprenants des CPFF ont été formés sur l’ensemble des 10 Régions du Territoire national (Ambam, Ebolowa, Batoutri, Yaoundé, Douala, Limbé, Bamenda, Mbouda, Bafoussam, Meiganga, NGaoundéré, Garoua et Maroua). Les résultats suivants ont été atteints :

A toute fin utile, il convient de souligner que les 153 Pairs-Educateurs qui viennent ainsi d’être formés sont opérationnels et prêts à contribuer à la lutte contre les VBG et le VIH/Sida, notamment dans le cadre de la campagne «Vacances sans Sida». D’autant plus que pendant cette période de vacances scolaires (très longue cette année à cause du Covid-19), les jeunes se livrent à toutes sortes d’activités et de comportements déviants et/ou à risques.

 Un très bel exemple de partenariat public/société civile !

Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

La cérémonie présidée par le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille s’est déroulée le 05 mai 2020 dans la salle de conférences de la Délégation Régionale de la Promotion de la Femme et de la Famille du Centre.

Sous la conduite de leur Présidente fondatrice, le Professeur Rose LEKE, les femmes scientifiques ont remis à l’ASBY un lot de 1000 masques de protection contre la pandémie du Covid 19 et 05 cartons de savons. C’était au cours d’une cérémonie présidée par Madame ABENA ONDOA née OBAMA Marie Thérèse, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille.

C’est conscient du rôle que jouent ces femmes dans la chaine de production et de distribution des denrées alimentaires que le consortium Higher Women a choisi de leur porter secours afin de les protéger en ces temps de pandémie.

L’Association des Bayam Sellam du Cameroun s’est honorée de ce geste de solidarité féminine. Dans sa déclaration de circonstance à la presse, Madame Marie MBALLA BILOA, fondatrice de l’ASBY exprimait ses sentiments de joie de se retrouver dans une même salle avec des femmes intellectuelles pour recevoir ces dons

En choisissant de joindre leurs efforts à ceux du Gouvernement, la Présidente fondatrice du consortium Higher Women a émis le vœu que ce don de femmes scientifiques puisse sauver des vies.

Pour le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, protéger la bayam sellam c’est d’abord protéger les familles, la communauté et la nation toute entière. Le choix d’orienter ce don vers les bayam sellam est bien justifié car « Le coronavirus n’épargne personne. Les femmes bayam sellam sont nombreuses, et étendues sur l’ensemble du territoire…. Il nous était impossible d’aller dans les différents marchés, c’est pour cela que nous avons identifier la Présidente d’ASBY qui connait les marchés sur l’ensemble du territoire national pour lui remettre ces dons et elle saura le dispatcher dans les 10 régions. Les femmes bayam sellam sont une cible particulière sur laquelle nous devons nous pencher parce qu’elles nous nourrissent au quotidien, et en faisant le marché, il est difficile de respecter les mesures édictées par le Gouvernement. Nous devons tout faire pour les protéger et protéger aussi nous-même qui allons vers ces marchés. Il faut donc une discipline. » a-t-elle confié à la presse.

Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

Le Ministère de la Promotion, de la Femme et de la Famille (MINPROFF) et les Nations Unies (ONUFEMMES) veulent comprendre comment le Coronavirus affecte le quotidien des familles camerounaises. Du 06 au 20 mai, le Bureau Central des Recensements et des Etudes de Population (BUCREP) vous soumet un questionnaire en ligne. Son remplissage ne devrait pas prendre plus de 10 minutes. Toutes vos réponses sont anonymes et strictement confidentielles. Nous vous remercions pour votre participation et vous prions de partager ce message à vos contacts. Pour remplir le questionnaire, touchez le lien de couleur en étant connecté. http://forms.covid19.bucrep.cm

—————————————————

The Ministry of Women's Empowerment and the Family (MINPROFF) and the United Nations (UNWOMEN), would like to find out how Coronavirus affects the daily life of Cameroonian families. From 6 to 20 May 2020, The Central Bureau of the Census and Population Studies (BUCREP) shall administer an online questionnaire to you, which shall not take you more than ten (10) minutes to complete. All your answers shall remain anonymous and strictly confidential. Thank you for taking part in this survey, and please, share this message with your contact list. To complete the questionnaire, touch the link while connected. http://forms.covid19.bucrep.cm