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La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille évalue l’état d’avancement de la décentralisation cinq ans après

THEME: L'approfondissement de la décentralisation et du développement local à travers une participation effective des femmes à la gouvernance locale

10 août 2015

DECENTRALISATION INFOS

  1. Quel bilan dressez-vous dans le cadre des transferts des compétences aux collectivités territoriales décentralisées en ce qui concerne votre département ministériel?

Avant de répondre précisément à votre question, il importe de rappeler que,depuis les lois sur la décentralisation promulguées le 22 juillet 2004, le Cameroun s'est résolument engagé dans une dynamique de développement des potentialités locales. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, dans ses missions relatives au respect des droits de la femme et à la promotion de la famille, n’a pas cru devoir accuser du retard dans la mise en œuvre de cette politique gouvernementale. Aussi, ce département ministériel dont j'ai la charge a-t-il fait partie de la première génération des transferts des compétences et des ressources. L’entretien et la gestion des Centres de Promotion de la Femme et de la Famille(CPFF) ont été transférés par l’Etat aux Communes en vertu du Décret N° 2010/0241/PM du 26 février 2010.

En vue de l’application dudit décret, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a signé, le 09 septembre 2010, l’Arrêté N°2010/0003/A/MINPROFF/CAB portant Cahier de charges précisant les conditions et modalités techniques d’exercice des compétences transférées, dans la perspective du suivi, du contrôle et de l’évaluation de l’exercice des compétences concernées.

L'évaluation, à ce jour, de cette opération est riche d’enseignements. Des avancées significatives ont été enregistrées, notamment en ce qui concerne l’appropriation du principe même de décentralisation et le passage de la gestion financière des mains des responsables des CPFF à celles des Magistrats municipaux.

Mais cette évaluation met également en lumière quelques obstacles qui ont empêché la décentralisation de prendre rapidement et complètement corps, dans son aspect pratique : divergence de la perception du rôle de la décentralisation, maîtrise approximative des procédures, manque d’intérêt de certains maires pour ces structures toujours appelées à tort « Maisons de la Femme », conflits réels ou latents entre élus locaux et Directeurs des CPFF.

C’est dire que la mise en commun de ces contraintes a eu une influence certaine sur l’impact réel du processus de décentralisation. Mais, grâce aux réajustements opérés et aux sessions d'information, de formation et de sensibilisation organisées à l'intention des différents acteurs, une évolution positive est observée, et les cibles du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille que sont les femmes et les familles se sentent de plus en plus proches de l’Administration ou plus impliquées dans la gestion de la chose publique, dans leurs collectivités respectives. Et c'est là, me semble-t-il, l'objectif poursuivi par le système de décentralisation, par opposition à la déconcentration.

  1. En matière de promotion de la femme particulièrement, le public a du mal à percevoir une élévation de la qualité des services fournis par les CPFF depuis leur transfert dans le giron des Mairies. Le contraire est même assez souvent décrié. Comment expliquez-vous cela, vous qui mettez en œuvre la politique gouvernementale dans le secteur?

La perception que le public a du fonctionnement des CPFF, au lendemain du transfert de leur entretien et de leur gestion aux Communes, peut se justifier par la situation décrite plus haut. Celle-ci a eu de graves répercussions sur la performance des Centres : retard dans l’acquisition des fournitures de bureau et du matériel didactique, lenteurs dans le paiement des salaires des formateurs PPTE, avec pour conséquences le malaise et la démotivation perceptibles de ces personnels, mise en hibernation des activités pédagogiques, formation des cibles au rabais, avec pour corollaire la désertion des CPFF par les apprenantes. Il s'agit là des difficultés inhérentes à la mise en route de toute réforme d’envergure. Des instructions précises ont été données à nos collaborateurs, à l’occasion des Conférences Annuelles ou des Etats Généraux des CPFF organisés par le MINPROFF, avec l’appui technique appréciable des experts du MINATD, en vue de rendre efficace et efficient le processus de décentralisation au sein de nos Unités Techniques Spécialisées. La qualité des prestations servies par les Centres s’est progressivement et nettement améliorée, à la satisfaction de nos cibles que sont les femmes et les familles. Il reste que les autres acteurs prennent la mesure de leurs missions en appliquant les dispositions pertinentes et obligatoires du Cahier de Charges mis à leur disposition, afin que l’impact de ces structures soit visible sur le vécu quotidien des populations à la base. Je pense ici à la nécessaire remontée des informations sur l’exercice des compétences transférées et la gestion des ressources y relatives, par la transmission régulière des rapports semestriels par les Magistrats municipaux, à la réactivation des Conseils de Direction des Centres, au recrutement et à la prise en charge par les Communes du personnel d’appoint(secrétaires, agents d’entretien, gardiens…), à la célérité dans les procédures d’engagement des crédits alloués par l’Etat…

  1. Comment entrevoyez-vous l’avenir de ces structures ? Leur passage sous de nouvelles structures implique- t-il que ces Centres sortent totalement de l’agenda gouvernemental en matière de promotion du genre ?

Malgré la persistance de certaines entraves observées dans l’entretien et la gestion de ces structures, j’entrevois leur avenir avec optimisme. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, la décentralisation procédant d’une volonté politique, d’un projet de société du Président de la République, S. E. Paul Biya,et puisant sa source dans une disposition constitutionnelle selon laquelle « la République du Cameroun est un Etat unitaire et décentralisé. ». Qualifiée d’ « irréversible » par S. E. Philemon Yang, Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président du Conseil National de la Décentralisation, cette réforme est sous-tendue dans sa mise en œuvre par les principes de subsidiarité, de progressivité et de complémentarité. Du coup, il ne peut être envisagé la sortie du fonctionnement des CPFF de l’agenda gouvernemental en matière de promotion de la femme et du genre. La loi prévoit du reste que les compétences transférées aux collectivités territoriales par l’Etat ne sont pas exclusives. Cela signifie qu’elles sont exercées de manière concurrente par l’Etat et celles-ci. Le Cahier de Charges va plus loin en précisant, à cet égard, et pour que nul n’en ignore, les obligations de l’Etat et celles des Communes

  1. La décentralisation, plaçant les Communes au centre du développement local, apparaît comme une opportunité pour les femmes de conforter leur participation à la vie publique. Quel regard jetez-vous sur la manière dont cette occasion a, jusqu’ici, été saisie par ces dames ?

La décentralisation est un mode de gestion de l’Etat, une méthode d’administration du territoire qui vise à rapprocher l’Administration de tous les citoyens, sans aucune distinction, et d’associer ceux-ci à la gestion de la chose publique à l’échelon local. Cette gestion devrait être mieux réalisée que l’autorité locale a la possibilité d’appréhender son environnement. Rien, en ce qui concerne l’acquisition, l’entretien ou la gestion du bien commun ne saurait être étrange, ni étranger aux intéressés ou à leurs représentants, puisqu’ils auront contribué à la prise de décision et au suivi des réalisations qui en découlent. Dans ce contexte, les femmes camerounaises, en tant que citoyennes à part entière, ne peuvent qu’apprécier et saisir une telle opportunité pour renforcer leurs capacités, participer à la gestion de la chose publique et améliorer leurs conditions de vie, être des actrices et non des spectatrices de leur propre devenir.

  1. Les statistiques montrent un bon en avant du chiffre des femmes autant dans les Communes qu’au Parlement. Mais quelle stratégie pour pérenniser cette évolution positive ?

Dans ce domaine, des efforts ont été déployés par les acteurs sociaux et des progrès sensibles enregistrés. Ainsi, en ce qui concerne les Exécutifs communaux, la proportion de femmes Maires qui était de 06,7% en 2007, avec 19,7% d’Adjoints aux Maires, est de l’ordre de 07% depuis 2013. S’agissant des Députés à l’Assemblée Nationale, le chiffre est passé de 25 entre 2007 et 2012 à 56 (31,11%) depuis 2013.Au niveau du Sénat, l’on compte, pour la première fois, en 2013, 21 femmes Sénateurs, soit 21%. Mais, cette participation des femmes à la prise de décisions et à la direction des affaires publiques reste globalement faible.

Alors, quelle stratégie pour pérenniser l’évolution positive ?

ministre2Au niveau gouvernemental, des mesures ont été prises, notamment ;

  1. la tenue de journées d’échanges sur Femmes et Démocratie en vue d’identifier les obstacles à l’émergence des femmes dans la scène politique ;
  2. l’intensification du plaidoyer en vue d’une meilleure représentation et représentativité des femmes aux postes électifs et dans les instances dirigeantes des formations politiques ;
  3. l’inscription du genre dans la loi électorale ;
  4. la disqualification des listes électorales sans candidature féminine ;
  5. l’élaboration d’une Stratégie Genre d’ELECAM, organe indépendant chargé de l’organisation des élections au Cameroun ;
  6. la publication et la vulgarisation d’un Manuel de formation politique des femmes ;
  7. le renforcement des capacités politiques des femmes candidates aux élections ou désireuses de se lancer dans la politique.
  1. Si le nombre de femmes grossit, la qualité de ces représentantes est souvent sujette à caution. Comment se déploie votre département ministériel afin de promouvoir le renforcement des capacités dans le milieu des associations et réseaux d’associations féminines ?

 

Au-delà du nombre, la qualité de la représentation féminine dans les instances de prise de décisions et de direction des affaires publiques constitue l’une de nos préoccupations majeures. L’objectif poursuivi n’est pas, loin s’en faut, de faire de la simple figuration dans le jeu et la scène politiques, de rechercher simplement la parité homme – femme pour la parité homme – femme. Il ne s’agit pas pour elles d’une mesure philanthropique. Les femmes qui occupent des postes électifs aujourd’hui doivent savoir qu’elles ont un défi à relever, une obligation de résultat : montrer à la communauté nationale que leur participation à la vie publique est à la fois légitime, incontournable et porteuse de progrès et d’espoir pour l’avenir de notre pays. Par le biais des Services Déconcentrés du Ministère, nous organisons des sessions d’information et de sensibilisation à l’intention des membres de ces organisations d’encadrement des femmes pour améliorer leur leadership, le support pédagogique étant le Manuel de formation politique des femmes publié par le Ministère en 2013. En effet, nombreuses sont encore les femmes qui croient que la politique est une activité réservée aux hommes, toute initiative de leur part dans ce domaine étant vouée à l’échec. Ce document est riche en enseignements. Il les édifie sur toute la législation en matière électorale : les conditions d’éligibilité des responsables politiques, les modalités de gestion du contentieux électoral, les voies de recours, les techniques de négociations, de partenariats et des alliances politiques, les voies et moyens de mobilisation des ressources nécessaires pour une participation optimale à une campagne électorale, etc.

Interview réalisée par CHETAH BILE

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Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

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La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille évalue l’état d’avancement de la décentralisation cinq ans après

THEME: L'approfondissement de la décentralisation et du développement local à travers une participation effective des femmes à la gouvernance locale

10 août 2015

DECENTRALISATION INFOS

  1. Quel bilan dressez-vous dans le cadre des transferts des compétences aux collectivités territoriales décentralisées en ce qui concerne votre département ministériel?

Avant de répondre précisément à votre question, il importe de rappeler que,depuis les lois sur la décentralisation promulguées le 22 juillet 2004, le Cameroun s'est résolument engagé dans une dynamique de développement des potentialités locales. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, dans ses missions relatives au respect des droits de la femme et à la promotion de la famille, n’a pas cru devoir accuser du retard dans la mise en œuvre de cette politique gouvernementale. Aussi, ce département ministériel dont j'ai la charge a-t-il fait partie de la première génération des transferts des compétences et des ressources. L’entretien et la gestion des Centres de Promotion de la Femme et de la Famille(CPFF) ont été transférés par l’Etat aux Communes en vertu du Décret N° 2010/0241/PM du 26 février 2010.

En vue de l’application dudit décret, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a signé, le 09 septembre 2010, l’Arrêté N°2010/0003/A/MINPROFF/CAB portant Cahier de charges précisant les conditions et modalités techniques d’exercice des compétences transférées, dans la perspective du suivi, du contrôle et de l’évaluation de l’exercice des compétences concernées.

L'évaluation, à ce jour, de cette opération est riche d’enseignements. Des avancées significatives ont été enregistrées, notamment en ce qui concerne l’appropriation du principe même de décentralisation et le passage de la gestion financière des mains des responsables des CPFF à celles des Magistrats municipaux.

Mais cette évaluation met également en lumière quelques obstacles qui ont empêché la décentralisation de prendre rapidement et complètement corps, dans son aspect pratique : divergence de la perception du rôle de la décentralisation, maîtrise approximative des procédures, manque d’intérêt de certains maires pour ces structures toujours appelées à tort « Maisons de la Femme », conflits réels ou latents entre élus locaux et Directeurs des CPFF.

C’est dire que la mise en commun de ces contraintes a eu une influence certaine sur l’impact réel du processus de décentralisation. Mais, grâce aux réajustements opérés et aux sessions d'information, de formation et de sensibilisation organisées à l'intention des différents acteurs, une évolution positive est observée, et les cibles du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille que sont les femmes et les familles se sentent de plus en plus proches de l’Administration ou plus impliquées dans la gestion de la chose publique, dans leurs collectivités respectives. Et c'est là, me semble-t-il, l'objectif poursuivi par le système de décentralisation, par opposition à la déconcentration.

  1. En matière de promotion de la femme particulièrement, le public a du mal à percevoir une élévation de la qualité des services fournis par les CPFF depuis leur transfert dans le giron des Mairies. Le contraire est même assez souvent décrié. Comment expliquez-vous cela, vous qui mettez en œuvre la politique gouvernementale dans le secteur?

La perception que le public a du fonctionnement des CPFF, au lendemain du transfert de leur entretien et de leur gestion aux Communes, peut se justifier par la situation décrite plus haut. Celle-ci a eu de graves répercussions sur la performance des Centres : retard dans l’acquisition des fournitures de bureau et du matériel didactique, lenteurs dans le paiement des salaires des formateurs PPTE, avec pour conséquences le malaise et la démotivation perceptibles de ces personnels, mise en hibernation des activités pédagogiques, formation des cibles au rabais, avec pour corollaire la désertion des CPFF par les apprenantes. Il s'agit là des difficultés inhérentes à la mise en route de toute réforme d’envergure. Des instructions précises ont été données à nos collaborateurs, à l’occasion des Conférences Annuelles ou des Etats Généraux des CPFF organisés par le MINPROFF, avec l’appui technique appréciable des experts du MINATD, en vue de rendre efficace et efficient le processus de décentralisation au sein de nos Unités Techniques Spécialisées. La qualité des prestations servies par les Centres s’est progressivement et nettement améliorée, à la satisfaction de nos cibles que sont les femmes et les familles. Il reste que les autres acteurs prennent la mesure de leurs missions en appliquant les dispositions pertinentes et obligatoires du Cahier de Charges mis à leur disposition, afin que l’impact de ces structures soit visible sur le vécu quotidien des populations à la base. Je pense ici à la nécessaire remontée des informations sur l’exercice des compétences transférées et la gestion des ressources y relatives, par la transmission régulière des rapports semestriels par les Magistrats municipaux, à la réactivation des Conseils de Direction des Centres, au recrutement et à la prise en charge par les Communes du personnel d’appoint(secrétaires, agents d’entretien, gardiens…), à la célérité dans les procédures d’engagement des crédits alloués par l’Etat…

  1. Comment entrevoyez-vous l’avenir de ces structures ? Leur passage sous de nouvelles structures implique- t-il que ces Centres sortent totalement de l’agenda gouvernemental en matière de promotion du genre ?

Malgré la persistance de certaines entraves observées dans l’entretien et la gestion de ces structures, j’entrevois leur avenir avec optimisme. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, la décentralisation procédant d’une volonté politique, d’un projet de société du Président de la République, S. E. Paul Biya,et puisant sa source dans une disposition constitutionnelle selon laquelle « la République du Cameroun est un Etat unitaire et décentralisé. ». Qualifiée d’ « irréversible » par S. E. Philemon Yang, Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président du Conseil National de la Décentralisation, cette réforme est sous-tendue dans sa mise en œuvre par les principes de subsidiarité, de progressivité et de complémentarité. Du coup, il ne peut être envisagé la sortie du fonctionnement des CPFF de l’agenda gouvernemental en matière de promotion de la femme et du genre. La loi prévoit du reste que les compétences transférées aux collectivités territoriales par l’Etat ne sont pas exclusives. Cela signifie qu’elles sont exercées de manière concurrente par l’Etat et celles-ci. Le Cahier de Charges va plus loin en précisant, à cet égard, et pour que nul n’en ignore, les obligations de l’Etat et celles des Communes

  1. La décentralisation, plaçant les Communes au centre du développement local, apparaît comme une opportunité pour les femmes de conforter leur participation à la vie publique. Quel regard jetez-vous sur la manière dont cette occasion a, jusqu’ici, été saisie par ces dames ?

La décentralisation est un mode de gestion de l’Etat, une méthode d’administration du territoire qui vise à rapprocher l’Administration de tous les citoyens, sans aucune distinction, et d’associer ceux-ci à la gestion de la chose publique à l’échelon local. Cette gestion devrait être mieux réalisée que l’autorité locale a la possibilité d’appréhender son environnement. Rien, en ce qui concerne l’acquisition, l’entretien ou la gestion du bien commun ne saurait être étrange, ni étranger aux intéressés ou à leurs représentants, puisqu’ils auront contribué à la prise de décision et au suivi des réalisations qui en découlent. Dans ce contexte, les femmes camerounaises, en tant que citoyennes à part entière, ne peuvent qu’apprécier et saisir une telle opportunité pour renforcer leurs capacités, participer à la gestion de la chose publique et améliorer leurs conditions de vie, être des actrices et non des spectatrices de leur propre devenir.

  1. Les statistiques montrent un bon en avant du chiffre des femmes autant dans les Communes qu’au Parlement. Mais quelle stratégie pour pérenniser cette évolution positive ?

Dans ce domaine, des efforts ont été déployés par les acteurs sociaux et des progrès sensibles enregistrés. Ainsi, en ce qui concerne les Exécutifs communaux, la proportion de femmes Maires qui était de 06,7% en 2007, avec 19,7% d’Adjoints aux Maires, est de l’ordre de 07% depuis 2013. S’agissant des Députés à l’Assemblée Nationale, le chiffre est passé de 25 entre 2007 et 2012 à 56 (31,11%) depuis 2013.Au niveau du Sénat, l’on compte, pour la première fois, en 2013, 21 femmes Sénateurs, soit 21%. Mais, cette participation des femmes à la prise de décisions et à la direction des affaires publiques reste globalement faible.

Alors, quelle stratégie pour pérenniser l’évolution positive ?

ministre2Au niveau gouvernemental, des mesures ont été prises, notamment ;

  1. la tenue de journées d’échanges sur Femmes et Démocratie en vue d’identifier les obstacles à l’émergence des femmes dans la scène politique ;
  2. l’intensification du plaidoyer en vue d’une meilleure représentation et représentativité des femmes aux postes électifs et dans les instances dirigeantes des formations politiques ;
  3. l’inscription du genre dans la loi électorale ;
  4. la disqualification des listes électorales sans candidature féminine ;
  5. l’élaboration d’une Stratégie Genre d’ELECAM, organe indépendant chargé de l’organisation des élections au Cameroun ;
  6. la publication et la vulgarisation d’un Manuel de formation politique des femmes ;
  7. le renforcement des capacités politiques des femmes candidates aux élections ou désireuses de se lancer dans la politique.
  1. Si le nombre de femmes grossit, la qualité de ces représentantes est souvent sujette à caution. Comment se déploie votre département ministériel afin de promouvoir le renforcement des capacités dans le milieu des associations et réseaux d’associations féminines ?

 

Au-delà du nombre, la qualité de la représentation féminine dans les instances de prise de décisions et de direction des affaires publiques constitue l’une de nos préoccupations majeures. L’objectif poursuivi n’est pas, loin s’en faut, de faire de la simple figuration dans le jeu et la scène politiques, de rechercher simplement la parité homme – femme pour la parité homme – femme. Il ne s’agit pas pour elles d’une mesure philanthropique. Les femmes qui occupent des postes électifs aujourd’hui doivent savoir qu’elles ont un défi à relever, une obligation de résultat : montrer à la communauté nationale que leur participation à la vie publique est à la fois légitime, incontournable et porteuse de progrès et d’espoir pour l’avenir de notre pays. Par le biais des Services Déconcentrés du Ministère, nous organisons des sessions d’information et de sensibilisation à l’intention des membres de ces organisations d’encadrement des femmes pour améliorer leur leadership, le support pédagogique étant le Manuel de formation politique des femmes publié par le Ministère en 2013. En effet, nombreuses sont encore les femmes qui croient que la politique est une activité réservée aux hommes, toute initiative de leur part dans ce domaine étant vouée à l’échec. Ce document est riche en enseignements. Il les édifie sur toute la législation en matière électorale : les conditions d’éligibilité des responsables politiques, les modalités de gestion du contentieux électoral, les voies de recours, les techniques de négociations, de partenariats et des alliances politiques, les voies et moyens de mobilisation des ressources nécessaires pour une participation optimale à une campagne électorale, etc.

Interview réalisée par CHETAH BILE

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The journalists drawn from the public and private audiovisual media acquired skills in training workshop in Mbalmayo on October 12, 2017.

DSC_0602Some 12 journalists from the public and private audiovisual press organs mostly based in Yaounde and Mbalmayo, now master  the different aspects  related to the rights of the woman in order to better pass the information to the public, and as well as to be key contributors to the respect of the rights.

The radio and television media practitioners acquired knowledge during a training workshop organized by the Ministry of Women’s Empowerment and the Family (MINPROFF) at the Women’s Empowerment Centre in Mbalmayo some scores of kilometers south of Yaounde on October 12, 2017. The workshop focused on the rights of the woman, human rights and HIV/AIDS. While thanking them sincerely, he noted the crucial role played by journalists in the transmission of information. Indeed, the media is the only reliable channel that the public authorities have to convey the messages at the level of the central services, large cities, in campaigns but also beyond national borders.

The Director of the Department of the Social Advancement of Women at the Ministry of Women’s Empowerment and the Family, Abessolo Asseko Calice chaired deliberations at the one-day workshop. This was in the presence of Nguemba Nathalie, the Technical Adviser N0.1, for the Ministry. He used the opening ceremony to present the objectives of the training session and the choice of the participants. Highlighting the relevance of the training session he said that women's human rights, gender and their involvement in HIV / AIDS prevention are universal concerns. The Director said that the collaboration of the media is necessary to achieve the results of the actions of the government in this area. He wished that the collaboration between the media and MINPROFF should be permanent.

The training modules

The journalists acquired knowledge through the various topics presented by different experts of the ministry. The Sub-director in charge of the Advancement of the Rights of Woman and Bekono Bernadette Françoise drilled the media practitioners on the judicial instruments that protect the rights of the woman and girl child.  The journalists were also lectured on the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women (CEDAW) and the Maputo Protocol.

Special attention during the training session was also on the HIV/AIDS. Madam BILLONG Marthe Jolie, Assistant Research Officer N°2 in the Unit incharge of Studies and Projects presented on topic “the prevention and psychosocial treatment of HIV/AIDS within the family. The journalists learned much about the knowledge, attitudes and behaviours the population have in relation to HIV/AIDS in Cameroon, strategies to prevent the pandemic within the family, strategies for the psycho social treatment and, finally the coordination, follow up and evaluation of the treatment.

The Service Head for Gender Popularization in the Ministry of Women’s Empowerment and the Family, Kendemeh Vivian Jioy who doubles as Gender Expert lectured the media practitioners on the topic, “Gender Based Violence and HIV/AIDS in Cameroon.” She made the journalists to understand that Gender Based Violence was, “an umbrella term for any harmful act that is perpetrated against a person’s will based on socially ascribed (gender) differences between male and female.” After defining the key terms, the Gender Expert established the links between Gender Based Violence and HIV/AIDS in women and came up with some recommendations.

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Crusade Taken To Schools in the East

The campaign was carried out in Government Technical High School (Lycée Technique) Bertoua on October 11, 2017.

IMG-20171016-WA0001 (1)On October 11, 2017, it was the turn of Government Technical High School (Lycée Technique) Bertoua, the capital of the East Region of Cameroon. Male students committed themselves to bring women and girls on board for sustainable development by registering for the campaign. These students enthusiastically embraced the campaign as about 300 of them registered to be its crusaders.
Officials of the Ministry of Women’s Empowerment and the Family (MINPROFF) used the celebration of the International Day of the Girl chaired by the Inspector General of MINPROFF Mrs Françoise ANGOUIN that took place in the presence of the Governor of the East Region, Grégoire Mvongo, to take the HeForShe campaign to this educational establishment.

Cameroon’s Commitment

The Head of State, President Paul Biya expressed his commitment during the Global Forum for Female Parliamentarians’ Support to the UN “HeForShe” Campaign. He declared “we need more women in parliament and in decision making because it is a question of equity and gender equality. Equal access of women in posts of decision making and the fight against gender based discrimination are undeniable means for more equitable and better construction of the society”. President Biya’s declaration was matched with concrete action when the Prime Minister, Head of Government, Philemon Yang launched this HeForShe campaign under the high patronage of the Head of State on August 11, 2016, in collaboration with UN Women at the Yaounde Hilton Hotel. Since the official launch of this campaign in Cameroon in 2016, efforts have been stepped up at different government spheres to get men actively participate in making gender equality a reality. The efforts are heightened to enable both the male and female effectively contribute to the socio-economic and political development of Cameroon without any bias with regard to sex. It aims at involving men and boys as agents of change for gender equality.

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GOOD MASTERY OF CHILD’s RIGHTS is IMPERATIVE FOR ALL.

Every June 16 CamDSC_0617eroon joints the African community in celebrating the Day of the African Child. The theme of 27th edition was “The2030 Agenda for sustainable Development in favour of Children in Africa: Let’s encourage their protection, empowerment and equal opportunities for all”.

To this effect, the meeting of the 19th session of Children’s Parliament took place in the Hemicycle of the National Assembly under the theme “Culture of patriotic spirit and mastery of the rush of young people towards Information and Communication Technologies”.

In attendance were the President of the National Assembly, the Right Honourable CAVAYE YEGUIE Djibrill, members of Government amongst whom the Minister of Women’s Empowerment and the Family, Madam Marie Thérèse ABENA ONDOA, and special invitees.

Her active participation at the questions/answers session was highly justified, after her involvement at the 75th session of the Committee on the Right of the Child held in Geneva. During which the committee saluted the progress of Cameroon in the domain before formulating a number of recommendations on certain aspects that still warrants attention.As a mother, she gave a conceptual response to the worries put forward by the Junior Honourable MENOUNGA FEGUE Abdon Leroc from the Centre Region, in relation to Government’s action to end the cultural practices that result in early marriages, exploitation of children, school drop-out, rape and other abuses.

The Minister seized the opportunity to appreciate the place given to issues raised during the session. It cannot be over-emphasized that children are the future of our countries, she stressed on. A lot has been done for example, the treatment of files according to international and national legal dispositions, the vulgarisation of the New Penal Code in its provisions relating to the rights of children and women, the creation of Family and Women Empowerment Centres to train and support young boys and girls in order to acquire basic knowledge necessary for their socio-professional integration. She equally reiterated on Government’s determination in curbing societal inequalities under the high impetus of the Head of State, through the coordination of the Prime Minister, Head of Government.

Madam Marie-Thérèse ABENA ONDOA lauded the constant support of development partners and the civil society organisations of sparing no efforts to assure greater protection of vulnerable persons. Before ending her response, she advocated and exhorted everyone’s commitment in the fight especially families, communities, elected leaders. It is a crucial and vital concern for all in promoting and protecting the rights of children, girls, and families. /-

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« investing in earlyyears » : une priorité du gouvernement soutenue par la Banque Mondiale

 

Malgré les progrès enregistrés bien que de manière isolée,la performance du Cameroun en matière de respect des droits de l’enfant est restée mitigée  au fil des années, avec une évolution relativement satisfaisante en fonction des régions et du secteur considéré. Aussi la Banque Mondiale a-t-elle fait sienne l’adage populaire selon lequel « l’enfant est le devenir de l’Homme », lorsqu’elle a lancé l’initiative sélective sur le Développement de la Petite Enfance (IDPE) considérée comme point de départ au renforcement des peenfantsssrformances économiques des pays en voie de développement.

Eligible à ce projet au même titre que l’Indonésie et Madagascar, le Cameroun a pris part au voyage d’études organisé dans ce cadre au Pérou en avril 2017 à travers la présence des experts des secteurs clés dont santé et nutrition (MINSANTE), éducation(MINEDUB), WASH (MINEE) et protection sociale, portée par le MINPROFF et le MINAS. L’objectif de la mission déclinée en  exposés au cours des sessions plénières à Lima, et des visites de terrain à Huánuco était de: renforcer les capacités nationales en vue de la capitalisation de l’expérience péruvienne pour la formulation d’un plan d’action multisectoriel en matière de DPE. En effet le Pérou est devenu une référence internationale dans le domaine pour avoir réduit de moitié en 10ans, le taux de malnutrition chronique notamment.

 

 Au rang des politiques et programmes mis en place par le gouvernement péruvien, porteurs de succès: l’implémentation du Budget par résultat, du Plan national de réduction de la malnutrition chronique et de l’anémie, du programme articulé de nutrition, du suivi des enfants en ce qui concerne la stimulation précoce et le jeu au centre communautaire et de la mise en place de Systèmes performants pour la collecte des données.

Il convient de relever que 4mois après le voyage d’étude sur le DPE, la prochaine étape en vue de l’expérimentation du succès péruvien auprès de certaines communes du Cameroun a été amorcé à l’occasion de la rencontre de finalisation du plan d’action multisectoriel du mois d’Août 2017. Comme le document de planification, la mise en œuvre du plan d’action 2018-2020 du DPE est également envisagée dans la logique des domaines clés abordés par la Stratégie Nationale du DPE en cours d’élaboration sous la houlette du MINAS.

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Les Louves toujours d’attaque

L’équipe fanion du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille a pour ambition de se retrouver à la première marche du podium à l’issu du championnat de cette année.

Le match d’ouverture de la saison 2017 du championnat national de football Féminin s’est déroulé le 1er avril 2017 au Centre technique de la FECAFOOT, à Odza. Et sur la scène s’affrontaient Awa filles de Yaoundé et Eclair filles de Sa’a. La suite de ladite journée s’est déroulée le 08 avril 2017 toujours au Centre Technique de la Fecafoot d’Odza par un match opposant AS Green City de Yaoundé contre Louves Minproff de Yaoundé également ; cette édition de championnat se trouve déjà à sa 17ème journée. Les Louves, qui font partie des meilleures formations du football féminin depuis quelques années, y sont bien représentées et ont déjà un bon parcours qui leur permet de maintenir le cap sur la victoire finale et le sacre à l’issu du championnat. A leur actif, elles ont 10 matchs gagnés, 6 matchs nuls et une défaite pour un total de 36 points et une 3ème place au classement derrière Caïman de Douala, en première position avec 48 points et Awa FC qui cumule 38 points.

Cela n’empêche aucunement les détentrices de la coupe du championnat de football féminin 2016, d’être des plus combattantes. Car, malgré cette troisième place, on peut compter dans les rangs des Louves, la meilleure buteuse du championnat national pour le moment est Tatianna Glwadys Ewodo avec 12 buts.

Les clubs en compétition sont au nombre de 12 sur la ligne de départ  à savoir : Louves Minproff, champion en titre, Femina d’Ebolowa, Panthere Security de Garoua, Vent du Nord, Canon de Yaoundé, Amazone Fap, AS Green City, As Diamaré Social du Mbam, Gentle Ladies et AS Djamboutou et Eclair de Sa’a.

Il faut signaler que l’équipe des Louves MINPROFF compte à son sein quatre joueuses en stage chez les Lionnes Indomptables juniors à savoir Carole Mimboe, Thérèse NdzieSeme, Nadia Kuchambi et Tatiana MpehBissong. Trois joueuses sont parties pour l’étranger.

Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

La vitrine du MINPROFF sur la toile a revêtu des habits neufs avec la mise à jour des données des informations du site web.

 

         Créé il y a un an, le site web du ministère en charge des questions de la femme et de la famille était encore en chantier en mai 2017. Trois mois plus tard, le Comité chargé de l’actualisation mis en place par Madame la Ministre, a présenté le résultat de ses travaux, sous la coordination du Secrétaire Général. C’est avec satisfaction que les membres dudit comité, présents aux assises, ont validé les mises à jour.

         Avant la validation, le processus de mise à jour s’est fait en plusieurs étapes. Des séances de travail, de concertation et plusieurs essais avant d’arriver à la satisfaction de tous. Ce processus a commencé avec la formation de l’équipe technique appelée à animer le site au quotidien. Dans ce cadre, il y a eu deux formations, une de base et une autre plus appuyée pour l’équipe restreinte en charge du suivi et de la veille technique et professionnelle qui rendra le site plus qu’intéressant ; et pouvant répondre à la demande du public. L’équipe a été dotée d’un matériel composé d’ordinateur portable, disque dur externe, connexion internet et hébergement du site. L’actualisation de la banque à images a permis le renforcement des acquis du site.Si le menu est resté inchangé, la page d’entrée, quant à elle, a subi quelques modifications. On peut désormais y découvrir du premier regard les nouveautés et l’actualité du MINPROFF. Y figu

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Mariage d’enfants, ce serpent de mer !

Lorsqu’elle obtient son BEPC en 2011, Fadimatou alors âgée de 14 ans rêve, comme tous ses congénères, d’un avenir radieux, exerçant  un métier de son choix : le journalisme. La jeune ressortissante du département du Mayo Sava se voyait dans la peau de Claire Chazal. Mue par ce stimulus, elle obtient son baccalauréat trois ans plus tard à la satisfaction de toute sa famille. Les problèmes de Fadi commencent après son admission à l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC). Son père, bien que fier du parcours de sa fille,a un autre plan pour elle. Il la marie à un ami de la famille. C’est ainsi que le  cursus et le rêve de Fadi seront brisés.

En 2015, un autre fait tout aussi insolite  défraie la chronique au sein des rédactions. Le jeune Eric âgé de 16 ans, élève en classe de 3ème dans un établissement de la ville de Yaoundé est retiré des bancs d’école pour remplacer son défunt père au trône de la chefferie de son village. Le nouveau chef  doit alors prendre femmes comme l’exige la tradition, en commençant par les veuves de son père. Des histoires comme celles-là, il y’en a à la pelle au Cameroun. Des enfants à naitre, ceux à peine retirés des berceaux  ainsi que les adolescents à peine pubères sont mariés contre leur volonté.

Au sens du présent article, le lecteur devrait entendre  par :

Enfant: « Tout être humain âgé de moins de 18 ans sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation applicable dans le pays » (Convention des Nations Unies Relative aux Droits de l’Enfant, Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant)

Mariage précoce/mariage d’enfant: l’union légale ou non avec une personne âgée de moins de 18 ans. Très souvent cette union intervient sans son consentement.

Pratiques Culturelles Néfastes envers les enfants: actes ou faits constitutifs de violation des droits de l’enfant, fondés sur la tradition, la culture, la religion ou la superstition, de fausses informations ou croyances préjudiciables au développement de l’enfant (ex: Mutilations génitales féminines, mariages d’enfants, tabous alimentaires, massage des seins, etc...)

Le phénomène du mariage d’enfants est d’une ampleur effroyable d’autant plus que c’est une violation des droits fondamentaux de l’enfant, tels que prévus par les articles 16(2) de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme (DUDH) qui invoque le libre consentement des prétendants, et l’article 16 de la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant (CDE) qui renvoie à la liberté de choix des époux.

Selon l’UNICEF, un pays sur trois en voie de développement est touché par le phénomène. Plan International Cameroon signale que 15 000 000 de filles sont mariées chaque année avant l’âge de 18 ans. En Afrique, le phénomène est assez répandu. L’âge de mariage est encore plus bas, moins de quinze ans parfois.

Au Cameroun, Selon la MICS 2014, une fille sur dix est mariée avant l’âge de 15ans (11%) et une sur trois, avant l’âge de 18 ans (36%). Il existe des disparités importantes entre les différentes régions du pays. Le phénomène est plus développé dans les régions septentrionales: Adamaoua (57.7%), Extrême-Nord (58%) et Nord (60.1%), et dans la région de l’Est (47.8%). Il prend une forme particulière dans la Région du Sud-ouest où le phénomène de « Money Woman » est pratiqué. Les enfants sont donnés en mariage avant même leur naissance et subissent une sorte d’esclavage une fois qu’ils ont rejoint le foyer conjugal. Le phénomène touche aussi bien les milieux urbains que ruraux. Les auteurs du mariage des enfants sont souvent des personnes qui n’ont pas été à l’école et celles qui se sont arrêtées au cycle primaire. La tendance est la même  pour les victimes.

Causes du phénomène

Certaines communautés brandissent la pauvreté comme un bouclier justificatif des mariages précoces et forcés de leurs progénitures. Incapables de subvenir aux besoins de leurs enfants, elles croient dur comme fer que la meilleure solution consiste à vite trouver un gendre qui pourrait soutenir matériellement la famille en même temps que celle-ci se débarrasse du poids lié à l’entretien de l’enfant.

L’émancipation précoce de certains enfants les prédispose au mariage précoce. L’apparition des premiers caractères sexuels chez la jeune fille serait de nature à provoquer des insomnies chez les chefs de familles dans certaines régions du pays. On craint, dit-on, que le développement physique de la jeune fille n’aiguise la convoitise des hommes, toute chose qui peut  conduire aux rapports sexuels et grossesses précoces qui constitueraient un déshonneur pour la famille. Pourtant, le jeune fille ne doit connaitre l’homme que dans son foyer conjugal. Soit ! Mais la tradition reste muette sur le sort de la jeune fille précocement mariée et répudiée quelque temps après. Où devrait-elle aller en ce moment ? Qui pourra encore la prendre comme épouse puisqu’elle aura déjà connu l’homme ? Ces questions témoignent de l’imperfection des traditions et de la nécessité de protéger le consentement  de la jeune fille au mariage.

Un autre dogme culturel soutient que le fait pour la fille d’avoir ses premières  menstrues au domicile de ses parents présagerait  un mauvais sort pour toute la famille. Dans ce contexte, le mariage précoce vise à protéger la famille et la communauté toute entière de la malédiction.

Le mariage d'enfant peut également être inspiré par la discrimination fondée sur le sexe. On peut marier les filles de bonne heure pour s'assurer de leur docilité au sein de la famille de leur mari et de maximiser le nombre de leurs grossesses.

Conséquences désastreuses

Quelle que soit la raison évoquée, il  est constant que le mariage d’enfant est une grave violation des droits humains et du reste, contraire aux instruments juridiques internationaux, régionaux et sous régionaux ratifiés par le Cameroun au-delà des conséquences irréversibles sur la santé et l’avenir de la jeune fille. Le mariage des enfants

Gouvernement à pied d’œuvre

Face aux ravages du phénomène, le gouvernement de la République et ses partenaires mettent tout en œuvre pour tordre le cou à cette pratique. Des mesures d’ordre institutionnel et législatif sont prises. Après le lancement national le 18 novembre 2016 de la campagne de l’Union Africaine contre le mariage d’enfants, une étude de ce phénomène financée par l’UNICEF et sous la coordination du MINPROFF est actuellement en cours dans les régions de l’Extrême-Nord et de l’Est, les plus touchées du pays. Les conclusions de cette étude permettront à coup sûre de mieux peaufiner le plan et la méthode de lutte contre ce serpent de mer.Avant cette étude, une autre avait été menée en 2014 sur le phénomène "Money Women" dans le département de la Manyu dans le Sud-Ouest.

 

Par ailleurs, le gouvernement a procédé à la mise en place d’une plate forme nationale de coordination pour l’abandon des mariages d’enfant, en janvier 2016,  et à l’organisation des sessions de plaidoyer en direction des parlements, des autorités administratives  et des leaders communautaires pour susciter leur engagement dans la lutte contre ce fléau social.

Au plan législatif, le pays s’est doté le 12 juillet 2016 d’un nouveau  Code pénal qui prend en  compte des infractions qui, jusque-là, échappaient mutatis mutandi à la sanction ou n’étaient que partiellement réprimées.

L’article 356 dudit Code intitulé mariage forcé est dissuasif à souhait : al.1er « Est puni d’un emprisonnement de 5 ans à 10 ans et d’une amende de vingt-cinq (25000) à un million (1000 000) de francs, celui qui contraint une personne au mariage.

al.2 Lorsque la victime est mineure de 18 ans, la peine d’emprisonnement en cas de circonstances atténuantes ne peut être inférieure à deux (02) ans.

al.3 est puni des peines prévues aux alinéas 1 et 2 ci-dessus, celui qui donne en mariage une fille ou un garçon mineurs de dix-huit (18) ans… »

Pour mettre fin aux mariages d’enfants, une synergie d’actions concertées des partenaires Gouvernement, PTF, les acteurs de la société Civile, les parents, les familles, les chefs traditionnels garants de la culture, les chefs religieux détenteurs du pouvoir religieux est impérative.