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La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille évalue l’état d’avancement de la décentralisation cinq ans après

THEME: L'approfondissement de la décentralisation et du développement local à travers une participation effective des femmes à la gouvernance locale

10 août 2015

DECENTRALISATION INFOS

  1. Quel bilan dressez-vous dans le cadre des transferts des compétences aux collectivités territoriales décentralisées en ce qui concerne votre département ministériel?

Avant de répondre précisément à votre question, il importe de rappeler que,depuis les lois sur la décentralisation promulguées le 22 juillet 2004, le Cameroun s'est résolument engagé dans une dynamique de développement des potentialités locales. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, dans ses missions relatives au respect des droits de la femme et à la promotion de la famille, n’a pas cru devoir accuser du retard dans la mise en œuvre de cette politique gouvernementale. Aussi, ce département ministériel dont j'ai la charge a-t-il fait partie de la première génération des transferts des compétences et des ressources. L’entretien et la gestion des Centres de Promotion de la Femme et de la Famille(CPFF) ont été transférés par l’Etat aux Communes en vertu du Décret N° 2010/0241/PM du 26 février 2010.

En vue de l’application dudit décret, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a signé, le 09 septembre 2010, l’Arrêté N°2010/0003/A/MINPROFF/CAB portant Cahier de charges précisant les conditions et modalités techniques d’exercice des compétences transférées, dans la perspective du suivi, du contrôle et de l’évaluation de l’exercice des compétences concernées.

L'évaluation, à ce jour, de cette opération est riche d’enseignements. Des avancées significatives ont été enregistrées, notamment en ce qui concerne l’appropriation du principe même de décentralisation et le passage de la gestion financière des mains des responsables des CPFF à celles des Magistrats municipaux.

Mais cette évaluation met également en lumière quelques obstacles qui ont empêché la décentralisation de prendre rapidement et complètement corps, dans son aspect pratique : divergence de la perception du rôle de la décentralisation, maîtrise approximative des procédures, manque d’intérêt de certains maires pour ces structures toujours appelées à tort « Maisons de la Femme », conflits réels ou latents entre élus locaux et Directeurs des CPFF.

C’est dire que la mise en commun de ces contraintes a eu une influence certaine sur l’impact réel du processus de décentralisation. Mais, grâce aux réajustements opérés et aux sessions d'information, de formation et de sensibilisation organisées à l'intention des différents acteurs, une évolution positive est observée, et les cibles du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille que sont les femmes et les familles se sentent de plus en plus proches de l’Administration ou plus impliquées dans la gestion de la chose publique, dans leurs collectivités respectives. Et c'est là, me semble-t-il, l'objectif poursuivi par le système de décentralisation, par opposition à la déconcentration.

  1. En matière de promotion de la femme particulièrement, le public a du mal à percevoir une élévation de la qualité des services fournis par les CPFF depuis leur transfert dans le giron des Mairies. Le contraire est même assez souvent décrié. Comment expliquez-vous cela, vous qui mettez en œuvre la politique gouvernementale dans le secteur?

La perception que le public a du fonctionnement des CPFF, au lendemain du transfert de leur entretien et de leur gestion aux Communes, peut se justifier par la situation décrite plus haut. Celle-ci a eu de graves répercussions sur la performance des Centres : retard dans l’acquisition des fournitures de bureau et du matériel didactique, lenteurs dans le paiement des salaires des formateurs PPTE, avec pour conséquences le malaise et la démotivation perceptibles de ces personnels, mise en hibernation des activités pédagogiques, formation des cibles au rabais, avec pour corollaire la désertion des CPFF par les apprenantes. Il s'agit là des difficultés inhérentes à la mise en route de toute réforme d’envergure. Des instructions précises ont été données à nos collaborateurs, à l’occasion des Conférences Annuelles ou des Etats Généraux des CPFF organisés par le MINPROFF, avec l’appui technique appréciable des experts du MINATD, en vue de rendre efficace et efficient le processus de décentralisation au sein de nos Unités Techniques Spécialisées. La qualité des prestations servies par les Centres s’est progressivement et nettement améliorée, à la satisfaction de nos cibles que sont les femmes et les familles. Il reste que les autres acteurs prennent la mesure de leurs missions en appliquant les dispositions pertinentes et obligatoires du Cahier de Charges mis à leur disposition, afin que l’impact de ces structures soit visible sur le vécu quotidien des populations à la base. Je pense ici à la nécessaire remontée des informations sur l’exercice des compétences transférées et la gestion des ressources y relatives, par la transmission régulière des rapports semestriels par les Magistrats municipaux, à la réactivation des Conseils de Direction des Centres, au recrutement et à la prise en charge par les Communes du personnel d’appoint(secrétaires, agents d’entretien, gardiens…), à la célérité dans les procédures d’engagement des crédits alloués par l’Etat…

  1. Comment entrevoyez-vous l’avenir de ces structures ? Leur passage sous de nouvelles structures implique- t-il que ces Centres sortent totalement de l’agenda gouvernemental en matière de promotion du genre ?

Malgré la persistance de certaines entraves observées dans l’entretien et la gestion de ces structures, j’entrevois leur avenir avec optimisme. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, la décentralisation procédant d’une volonté politique, d’un projet de société du Président de la République, S. E. Paul Biya,et puisant sa source dans une disposition constitutionnelle selon laquelle « la République du Cameroun est un Etat unitaire et décentralisé. ». Qualifiée d’ « irréversible » par S. E. Philemon Yang, Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président du Conseil National de la Décentralisation, cette réforme est sous-tendue dans sa mise en œuvre par les principes de subsidiarité, de progressivité et de complémentarité. Du coup, il ne peut être envisagé la sortie du fonctionnement des CPFF de l’agenda gouvernemental en matière de promotion de la femme et du genre. La loi prévoit du reste que les compétences transférées aux collectivités territoriales par l’Etat ne sont pas exclusives. Cela signifie qu’elles sont exercées de manière concurrente par l’Etat et celles-ci. Le Cahier de Charges va plus loin en précisant, à cet égard, et pour que nul n’en ignore, les obligations de l’Etat et celles des Communes

  1. La décentralisation, plaçant les Communes au centre du développement local, apparaît comme une opportunité pour les femmes de conforter leur participation à la vie publique. Quel regard jetez-vous sur la manière dont cette occasion a, jusqu’ici, été saisie par ces dames ?

La décentralisation est un mode de gestion de l’Etat, une méthode d’administration du territoire qui vise à rapprocher l’Administration de tous les citoyens, sans aucune distinction, et d’associer ceux-ci à la gestion de la chose publique à l’échelon local. Cette gestion devrait être mieux réalisée que l’autorité locale a la possibilité d’appréhender son environnement. Rien, en ce qui concerne l’acquisition, l’entretien ou la gestion du bien commun ne saurait être étrange, ni étranger aux intéressés ou à leurs représentants, puisqu’ils auront contribué à la prise de décision et au suivi des réalisations qui en découlent. Dans ce contexte, les femmes camerounaises, en tant que citoyennes à part entière, ne peuvent qu’apprécier et saisir une telle opportunité pour renforcer leurs capacités, participer à la gestion de la chose publique et améliorer leurs conditions de vie, être des actrices et non des spectatrices de leur propre devenir.

  1. Les statistiques montrent un bon en avant du chiffre des femmes autant dans les Communes qu’au Parlement. Mais quelle stratégie pour pérenniser cette évolution positive ?

Dans ce domaine, des efforts ont été déployés par les acteurs sociaux et des progrès sensibles enregistrés. Ainsi, en ce qui concerne les Exécutifs communaux, la proportion de femmes Maires qui était de 06,7% en 2007, avec 19,7% d’Adjoints aux Maires, est de l’ordre de 07% depuis 2013. S’agissant des Députés à l’Assemblée Nationale, le chiffre est passé de 25 entre 2007 et 2012 à 56 (31,11%) depuis 2013.Au niveau du Sénat, l’on compte, pour la première fois, en 2013, 21 femmes Sénateurs, soit 21%. Mais, cette participation des femmes à la prise de décisions et à la direction des affaires publiques reste globalement faible.

Alors, quelle stratégie pour pérenniser l’évolution positive ?

ministre2Au niveau gouvernemental, des mesures ont été prises, notamment ;

  1. la tenue de journées d’échanges sur Femmes et Démocratie en vue d’identifier les obstacles à l’émergence des femmes dans la scène politique ;
  2. l’intensification du plaidoyer en vue d’une meilleure représentation et représentativité des femmes aux postes électifs et dans les instances dirigeantes des formations politiques ;
  3. l’inscription du genre dans la loi électorale ;
  4. la disqualification des listes électorales sans candidature féminine ;
  5. l’élaboration d’une Stratégie Genre d’ELECAM, organe indépendant chargé de l’organisation des élections au Cameroun ;
  6. la publication et la vulgarisation d’un Manuel de formation politique des femmes ;
  7. le renforcement des capacités politiques des femmes candidates aux élections ou désireuses de se lancer dans la politique.
  1. Si le nombre de femmes grossit, la qualité de ces représentantes est souvent sujette à caution. Comment se déploie votre département ministériel afin de promouvoir le renforcement des capacités dans le milieu des associations et réseaux d’associations féminines ?

 

Au-delà du nombre, la qualité de la représentation féminine dans les instances de prise de décisions et de direction des affaires publiques constitue l’une de nos préoccupations majeures. L’objectif poursuivi n’est pas, loin s’en faut, de faire de la simple figuration dans le jeu et la scène politiques, de rechercher simplement la parité homme – femme pour la parité homme – femme. Il ne s’agit pas pour elles d’une mesure philanthropique. Les femmes qui occupent des postes électifs aujourd’hui doivent savoir qu’elles ont un défi à relever, une obligation de résultat : montrer à la communauté nationale que leur participation à la vie publique est à la fois légitime, incontournable et porteuse de progrès et d’espoir pour l’avenir de notre pays. Par le biais des Services Déconcentrés du Ministère, nous organisons des sessions d’information et de sensibilisation à l’intention des membres de ces organisations d’encadrement des femmes pour améliorer leur leadership, le support pédagogique étant le Manuel de formation politique des femmes publié par le Ministère en 2013. En effet, nombreuses sont encore les femmes qui croient que la politique est une activité réservée aux hommes, toute initiative de leur part dans ce domaine étant vouée à l’échec. Ce document est riche en enseignements. Il les édifie sur toute la législation en matière électorale : les conditions d’éligibilité des responsables politiques, les modalités de gestion du contentieux électoral, les voies de recours, les techniques de négociations, de partenariats et des alliances politiques, les voies et moyens de mobilisation des ressources nécessaires pour une participation optimale à une campagne électorale, etc.

Interview réalisée par CHETAH BILE

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La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille évalue l’état d’avancement de la décentralisation cinq ans après

THEME: L'approfondissement de la décentralisation et du développement local à travers une participation effective des femmes à la gouvernance locale

10 août 2015

DECENTRALISATION INFOS

  1. Quel bilan dressez-vous dans le cadre des transferts des compétences aux collectivités territoriales décentralisées en ce qui concerne votre département ministériel?

Avant de répondre précisément à votre question, il importe de rappeler que,depuis les lois sur la décentralisation promulguées le 22 juillet 2004, le Cameroun s'est résolument engagé dans une dynamique de développement des potentialités locales. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, dans ses missions relatives au respect des droits de la femme et à la promotion de la famille, n’a pas cru devoir accuser du retard dans la mise en œuvre de cette politique gouvernementale. Aussi, ce département ministériel dont j'ai la charge a-t-il fait partie de la première génération des transferts des compétences et des ressources. L’entretien et la gestion des Centres de Promotion de la Femme et de la Famille(CPFF) ont été transférés par l’Etat aux Communes en vertu du Décret N° 2010/0241/PM du 26 février 2010.

En vue de l’application dudit décret, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a signé, le 09 septembre 2010, l’Arrêté N°2010/0003/A/MINPROFF/CAB portant Cahier de charges précisant les conditions et modalités techniques d’exercice des compétences transférées, dans la perspective du suivi, du contrôle et de l’évaluation de l’exercice des compétences concernées.

L'évaluation, à ce jour, de cette opération est riche d’enseignements. Des avancées significatives ont été enregistrées, notamment en ce qui concerne l’appropriation du principe même de décentralisation et le passage de la gestion financière des mains des responsables des CPFF à celles des Magistrats municipaux.

Mais cette évaluation met également en lumière quelques obstacles qui ont empêché la décentralisation de prendre rapidement et complètement corps, dans son aspect pratique : divergence de la perception du rôle de la décentralisation, maîtrise approximative des procédures, manque d’intérêt de certains maires pour ces structures toujours appelées à tort « Maisons de la Femme », conflits réels ou latents entre élus locaux et Directeurs des CPFF.

C’est dire que la mise en commun de ces contraintes a eu une influence certaine sur l’impact réel du processus de décentralisation. Mais, grâce aux réajustements opérés et aux sessions d'information, de formation et de sensibilisation organisées à l'intention des différents acteurs, une évolution positive est observée, et les cibles du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille que sont les femmes et les familles se sentent de plus en plus proches de l’Administration ou plus impliquées dans la gestion de la chose publique, dans leurs collectivités respectives. Et c'est là, me semble-t-il, l'objectif poursuivi par le système de décentralisation, par opposition à la déconcentration.

  1. En matière de promotion de la femme particulièrement, le public a du mal à percevoir une élévation de la qualité des services fournis par les CPFF depuis leur transfert dans le giron des Mairies. Le contraire est même assez souvent décrié. Comment expliquez-vous cela, vous qui mettez en œuvre la politique gouvernementale dans le secteur?

La perception que le public a du fonctionnement des CPFF, au lendemain du transfert de leur entretien et de leur gestion aux Communes, peut se justifier par la situation décrite plus haut. Celle-ci a eu de graves répercussions sur la performance des Centres : retard dans l’acquisition des fournitures de bureau et du matériel didactique, lenteurs dans le paiement des salaires des formateurs PPTE, avec pour conséquences le malaise et la démotivation perceptibles de ces personnels, mise en hibernation des activités pédagogiques, formation des cibles au rabais, avec pour corollaire la désertion des CPFF par les apprenantes. Il s'agit là des difficultés inhérentes à la mise en route de toute réforme d’envergure. Des instructions précises ont été données à nos collaborateurs, à l’occasion des Conférences Annuelles ou des Etats Généraux des CPFF organisés par le MINPROFF, avec l’appui technique appréciable des experts du MINATD, en vue de rendre efficace et efficient le processus de décentralisation au sein de nos Unités Techniques Spécialisées. La qualité des prestations servies par les Centres s’est progressivement et nettement améliorée, à la satisfaction de nos cibles que sont les femmes et les familles. Il reste que les autres acteurs prennent la mesure de leurs missions en appliquant les dispositions pertinentes et obligatoires du Cahier de Charges mis à leur disposition, afin que l’impact de ces structures soit visible sur le vécu quotidien des populations à la base. Je pense ici à la nécessaire remontée des informations sur l’exercice des compétences transférées et la gestion des ressources y relatives, par la transmission régulière des rapports semestriels par les Magistrats municipaux, à la réactivation des Conseils de Direction des Centres, au recrutement et à la prise en charge par les Communes du personnel d’appoint(secrétaires, agents d’entretien, gardiens…), à la célérité dans les procédures d’engagement des crédits alloués par l’Etat…

  1. Comment entrevoyez-vous l’avenir de ces structures ? Leur passage sous de nouvelles structures implique- t-il que ces Centres sortent totalement de l’agenda gouvernemental en matière de promotion du genre ?

Malgré la persistance de certaines entraves observées dans l’entretien et la gestion de ces structures, j’entrevois leur avenir avec optimisme. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, la décentralisation procédant d’une volonté politique, d’un projet de société du Président de la République, S. E. Paul Biya,et puisant sa source dans une disposition constitutionnelle selon laquelle « la République du Cameroun est un Etat unitaire et décentralisé. ». Qualifiée d’ « irréversible » par S. E. Philemon Yang, Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Président du Conseil National de la Décentralisation, cette réforme est sous-tendue dans sa mise en œuvre par les principes de subsidiarité, de progressivité et de complémentarité. Du coup, il ne peut être envisagé la sortie du fonctionnement des CPFF de l’agenda gouvernemental en matière de promotion de la femme et du genre. La loi prévoit du reste que les compétences transférées aux collectivités territoriales par l’Etat ne sont pas exclusives. Cela signifie qu’elles sont exercées de manière concurrente par l’Etat et celles-ci. Le Cahier de Charges va plus loin en précisant, à cet égard, et pour que nul n’en ignore, les obligations de l’Etat et celles des Communes

  1. La décentralisation, plaçant les Communes au centre du développement local, apparaît comme une opportunité pour les femmes de conforter leur participation à la vie publique. Quel regard jetez-vous sur la manière dont cette occasion a, jusqu’ici, été saisie par ces dames ?

La décentralisation est un mode de gestion de l’Etat, une méthode d’administration du territoire qui vise à rapprocher l’Administration de tous les citoyens, sans aucune distinction, et d’associer ceux-ci à la gestion de la chose publique à l’échelon local. Cette gestion devrait être mieux réalisée que l’autorité locale a la possibilité d’appréhender son environnement. Rien, en ce qui concerne l’acquisition, l’entretien ou la gestion du bien commun ne saurait être étrange, ni étranger aux intéressés ou à leurs représentants, puisqu’ils auront contribué à la prise de décision et au suivi des réalisations qui en découlent. Dans ce contexte, les femmes camerounaises, en tant que citoyennes à part entière, ne peuvent qu’apprécier et saisir une telle opportunité pour renforcer leurs capacités, participer à la gestion de la chose publique et améliorer leurs conditions de vie, être des actrices et non des spectatrices de leur propre devenir.

  1. Les statistiques montrent un bon en avant du chiffre des femmes autant dans les Communes qu’au Parlement. Mais quelle stratégie pour pérenniser cette évolution positive ?

Dans ce domaine, des efforts ont été déployés par les acteurs sociaux et des progrès sensibles enregistrés. Ainsi, en ce qui concerne les Exécutifs communaux, la proportion de femmes Maires qui était de 06,7% en 2007, avec 19,7% d’Adjoints aux Maires, est de l’ordre de 07% depuis 2013. S’agissant des Députés à l’Assemblée Nationale, le chiffre est passé de 25 entre 2007 et 2012 à 56 (31,11%) depuis 2013.Au niveau du Sénat, l’on compte, pour la première fois, en 2013, 21 femmes Sénateurs, soit 21%. Mais, cette participation des femmes à la prise de décisions et à la direction des affaires publiques reste globalement faible.

Alors, quelle stratégie pour pérenniser l’évolution positive ?

ministre2Au niveau gouvernemental, des mesures ont été prises, notamment ;

  1. la tenue de journées d’échanges sur Femmes et Démocratie en vue d’identifier les obstacles à l’émergence des femmes dans la scène politique ;
  2. l’intensification du plaidoyer en vue d’une meilleure représentation et représentativité des femmes aux postes électifs et dans les instances dirigeantes des formations politiques ;
  3. l’inscription du genre dans la loi électorale ;
  4. la disqualification des listes électorales sans candidature féminine ;
  5. l’élaboration d’une Stratégie Genre d’ELECAM, organe indépendant chargé de l’organisation des élections au Cameroun ;
  6. la publication et la vulgarisation d’un Manuel de formation politique des femmes ;
  7. le renforcement des capacités politiques des femmes candidates aux élections ou désireuses de se lancer dans la politique.
  1. Si le nombre de femmes grossit, la qualité de ces représentantes est souvent sujette à caution. Comment se déploie votre département ministériel afin de promouvoir le renforcement des capacités dans le milieu des associations et réseaux d’associations féminines ?

 

Au-delà du nombre, la qualité de la représentation féminine dans les instances de prise de décisions et de direction des affaires publiques constitue l’une de nos préoccupations majeures. L’objectif poursuivi n’est pas, loin s’en faut, de faire de la simple figuration dans le jeu et la scène politiques, de rechercher simplement la parité homme – femme pour la parité homme – femme. Il ne s’agit pas pour elles d’une mesure philanthropique. Les femmes qui occupent des postes électifs aujourd’hui doivent savoir qu’elles ont un défi à relever, une obligation de résultat : montrer à la communauté nationale que leur participation à la vie publique est à la fois légitime, incontournable et porteuse de progrès et d’espoir pour l’avenir de notre pays. Par le biais des Services Déconcentrés du Ministère, nous organisons des sessions d’information et de sensibilisation à l’intention des membres de ces organisations d’encadrement des femmes pour améliorer leur leadership, le support pédagogique étant le Manuel de formation politique des femmes publié par le Ministère en 2013. En effet, nombreuses sont encore les femmes qui croient que la politique est une activité réservée aux hommes, toute initiative de leur part dans ce domaine étant vouée à l’échec. Ce document est riche en enseignements. Il les édifie sur toute la législation en matière électorale : les conditions d’éligibilité des responsables politiques, les modalités de gestion du contentieux électoral, les voies de recours, les techniques de négociations, de partenariats et des alliances politiques, les voies et moyens de mobilisation des ressources nécessaires pour une participation optimale à une campagne électorale, etc.

Interview réalisée par CHETAH BILE

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Dans le cadre de la promotion et de la protection de la petite enfance (EPPE) au Cameroun, le Ministère de l’Education de Base (MINEDUB) en collaboration avec le Bureau International de l’Education a organisé du 02 au 04 Mai 2018 dans la salle de la Commission Nationale pour l’UNESCO, un atelier de renforcement des capacités des acteurs de l’encadrement de la petite enfance.

Cette session de formation qui s’inscrit dans le prolongement de celles de 2016 et 2017 avait pour objectifs de :

L’enfant est au centre de toutes les préoccupations et stratégies éducatives. Mais, il fait l’objet dans notre pays d’un morcellement dû au fait qu’il reçoit l’apport de plusieurs administrations publiques, associations et société civile dans son développement intégral.  De ce fait, les actions de ces différents acteurs doivent être coordonnées et non isolées pour un meilleur impact sur l’enfant.

Les Experts du Bureau International de l’Education, Facilitateurs de l’atelier été démontré que grâce à l’EPPE, l’on arrive aux résultats suivants :

Au regard de cette plus-value, les experts recommandent aux pouvoirs publics d’investir courageusement dans la petite enfance, le retour sur investissement étant assuré. Bien plus, l’agenda 2030 le recommande.

Au cours de la formation, il a beaucoup été question du développement des structures l’encadrement de la petite enfance que sont notamment les crèches et haltes garderies dont la gestion a été confiée au Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille par décret N° 2017/0039/PM du 19 Jan 2017.

Au terme de l’atelier, les recommandations ci-après ont été formulées :

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La 3ème Conférence Mondiale de Haut Niveau sur l’interdiction universelle des châtiments corporels, s’est tenue du 31 mai au 1er juin 2018 à Attard, République de Malte.

IMG-20180531-WA0034 Les travaux ont été ouverts et clôturés par Son Excellence  Marie Louise COLEIRO PRECA, Présidente de la République de Malte, en présence de Madame  Marta SANTOS PAIS,  Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies chargée de la question de violence à l’égard des enfants, et Madame Virginia GAMBA, Représentante Spéciale  chargée de la problématique des  enfants impliqués dans les conflits armés.

L’objectif de cette conférence qui a rassemblé plus de 100 experts de différentes organisations et pays du monde entier était de mobiliser la communauté des pays membres des Nations Unies, à la réalisation de l’agenda 2030 et ses Objectifs du Développement Durable (ODD). La rencontre de Malte s’est adossée sur l’ODD n°16.2 à savoir, mettre une terme à toute forme de violence à l’égard des enfants.

Cette conférence est la troisième d’une série dont la première édition s’est tenue en Suède en 2014 et la deuxième en Autriche en 2016. Au menu des travaux, des discours liminaires, des débats et des tables rondes avec la participation d’éminents experts dans le domaine. Les participants ont eu l’opportunité de partager leurs points de vue et de rencontrer d’autres parties prenantes engagées dans l’interdiction universelle des châtiments corporels. En effet, les différentes études commanditées par les Nations Unies sur la question révèlent que les sévices corporels ne constituent aucunement un bon moyen d’éduquer un enfant. Tout au contraire, en plus de violer ses droits, ils développent en lui frustrations et rancœurs et promeuvent la culture de la violence.

Le Cameroun a été représenté aux travaux par Monsieur MOUSSA AOUDOU, Secrétaire Général du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, Chef de la Délégation et Monsieur NYEBEL Jean Baptiste, Sous-Directeur de la Promotion et de la Protection des Droits de l’Enfant dans le même département ministériel.

Dans le cadre de sa communication, le Chef de la délégation camerounaise s’est appuyé sur la Loi n° 98/004 du 14 avril 1998 d'orientation de l'éducation au Cameroun qui, en son article 35, interdit les sévices corporels en ces termes : « l'intégrité physique et morale des élèves est garantie dans le système éducatif. Sont de ce fait proscrits : les sévices corporels et toutes autres formes de violence, les discriminations de toute nature, la vente, la distribution et la consommation des boissons alcooliques, du tabac et de la drogue ».

La principale recommandation formulée à l’issue des travaux est d’accélérer  la mobilisation et la sensibilisation au sein des communautés autour de la question. En effet, les dispositions légales bien qu’importantes pour ce vaste chantier ne suffisent pas, les habitudes et mentalités étant solidement orientées vers l’éducation assistée par la violence. Il convient dès lors de travailler en vue  du changement des mentalités pour l’atteinte des ODD et la promotion d’un monde sans violence .

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Collaboration MINPROFF entre le Centre de Formation Professionnelle Mandilaris (CFPM)

 Depuis plusieurs années, le Centre de Formation Mandilaris (CFPM) mène des actions en vue faciliter l’insertion socioprofessionnelle de la jeune fille camerounaise par le biais d’une formation couture. Dans ce cadre, le CFPM offre au MINPROFF une vingtaine de place pour les jeunes filles âgées de plus de quinze ans issues des familles démunies, depuis plus trois ans.

mandilaris  Pour le compte de l’année 2016-2017, cette institution a procédé le samedi 03 mars 2018, à la remise des attestations de fin de formation à ses apprenantes. Cette cérémonie était présidée par Monsieur le Directeur dudit Centre, le MINPROFF y était représenté par Mesdames ELOUMNDENE Marie, Service du Suivi de l’Emploi de la Femme,  et MEBOE Jeanne, Chef Service du Suivi de la Prise en Compte de Femmes dans les Programmes et Projets Economiques.

Les résultats de cette période se présentent ainsi qu’il suit :

 

Pour l’année en cours, les formations ont démarré depuis le 19 mars 2018 avec les 20 candidates du MINPROFF. Par ailleurs, dans le cadre du programme d’aide à l’insertion professionnelle, six apprenantes en fin de formation ont bénéficié d’une machine à coudre du Cercle des Amis du Cameroun (CERAC). La cérémonie s’est déroulé le 18 octobre 2017 à Nkolbisson dans l’Arrondissement de Yaoundé 7ème.

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Intégration de la GHM dans les CPFF

                Madame le Ministre de la Promotion de la Femme et Famille à signé le 11 Décembre 2017, une Circulaire relative à l’intégration de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle (GHM) dans les Centres de Promotion de la Femme et de la Famille (CPFF). Avec cette Circulaire, la promotion de la GHM dans les CPFF devient une réalité dans nos Unités Techniques Spécialisées. En effet, le MINPROFF exécute en collaboration avec ONU Femmes et le Conseil de Concertation pour l’Eau et l’Assainissement (WSSCC), le Programme Genre, Hygiène et Assainissement (GHA). Ce programme, conjointement mis en œuvre dans trois pays pilotes (Sénégal, Niger, Cameroun), a pour objectif d’améliorer les politiques et les pratiques en matière d’Hygiène Menstruelle, d’Eau et d’Assainissement. De manière spécifique, il s’agit de faire en sorte que les bonnes pratiques en matière d’assainissement et d’hygiène pour les femmes et les filles soient maitrisées et vulgarisées auprès des bénéficiaires et de les intégrer dans les curricula de formation. Le programme se décline en trois axes stratégiques à savoir :

Axe 1 : Activités de plaidoyer ;

Axe 2 : Activités de sensibilisation ;

Axe3 : Activité de renforcement des capacités.

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Dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, quatre ateliers de formation des formateurs des Centres de Promotion de la Femme et de la Famille (CPFF) ont été organisés respectivement à Ebolowa pour les Régions du Centre, du Sud et de l’Est du 07 au 11 août  2017. Le second atelier s’est tenu à Douala pour les Régions du Littoral, du Nord-Ouest et du Sud-ouest du 28 août au 1er septembre 2017. Cette formation tenue en langue anglaise. Le troisième atelier s’est tenu à Bafoussam et a regroupé les formateurs de la Région de l’Ouest du 13 au 17 novembre 2017 Le quatrième s’est déroulé à Ngaoundéré et a rassemblé 21 formateurs et les 03 Délégués Régionaux des trois Régions Septentrionales du 21 au 23 mars 2018.

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Pour cette première phase, près de 150 formateurs des CPFF sur l’ensemble du territoire national ont bénéficié des activités de renforcement de capacité en GHM et sont dorénavant outillés à :dpe8

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Par ailleurs, les CPFF en tant que vitrine du MINPROFF ont été choisis comme porte d’entrée pour intégrer cette problématique dans les curricula d’enseignement « hygiène », afin de déclencher la sensibilisation et la mobilisation des acteurs autour de la thématique de la GHM à l’échelle nationale.

Intro - MINPROFF Intro - MINPROFF

dpef1Les forgerons d’Engab à l’honneur au MINPROFF

Sur instructions de la hiérarchie, la Direction de Promotion Economique a reçu en audience, le mercredi 18 avril 2018, dans la Salle de Conférences du MINPROFF, l’Association des Forgerons d’ENGAB Cette rencontre présidée par Madame ONGOLA martine (DPEF) avait pour de objectif de recueillir les attentes des membres de cette organisation par rapport aux missions assignées au MINPROFF.

 

L’Association des Forgerons d’Engab est composée de deux seigneurs du feu qui détiennent une petite unité artisanale de production des matériels agricoles de qualité, avec une capacité journalière de production de 100 Houes. Ce matériel est prisé par les femmes rurales des zones forestières du fait de sa résistance et sa facilité de manipulation. Ces artisans voudraient établir un partenariat avec le MINPROFF pour la livraison du matériel agricole à octroyer aux femmes rurales ou à leurs organisations lors des journées commémoratives, à l’exemple de la Journée Mondiale de la Femme Rurale (JMFR).

 

Malgré la maitrise de ce savoir-faire ancestral, les forgerons souffrent comme la plupart des promoteurs d’AGR en milieu rural où ils sont confrontés au caractère informel de leur activité. La DPEF a suggéré à ces derniers le parachèvement du processus de légalisation de leur structure auprès des services administratifs compétents en la matière. De même, les services techniques de cette Direction ont instamment été chargés d’accompagner ces forgerons dans le processus d’enregistrement de leur structure dans le fichier des artisans du MINPMEESA et celui des Associations partenaires du MINPROFF pour un encadrement de proximité.

dpef4Les forgerons d’ENGAP ne sont pas venus les mains vides. Ils ont offert à Madame le Ministre un kit de matériel agricole composé de :

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Accès des femmes à l’économie numérique : Processus en marche

Dans le but d’accompagner les femmes dans la gestion des activités génératrices de revenus à l’aide des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), une Convention de partenariat a été signée entre le MINPROFF et la Fondation Orange Cameroun.

A travers cette convention, le MINPROFF ambitionne l’accélération de l’autonomisation des filles et des femmes, à travers la mise en place des Maisons Digitales dans tous les CPFF du Cameroun.

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Le 13ème fruit de cette collaboration a été inauguré le mardi 28 mars 2018, au CPFF d’Akono. La Maison Digitale aménagée et équipée au CPPF d’Akono s’inscrit dans le cadre de la seconde phase de mise en place de ces structures dans les Centre de Promotion de la Femme et de la Famille(CPFF). Les CPFF de Yaoundé 5ème, Sangmélima, Bertoua, Bamenda, Kumba, Douala et Akwa, Garoua, Kousseri, ASBY Yaoundé, Ngaoundéré, Meyomessala, Bafoussam et ont déjà bénéficié. Chaque salle numérique est constituée de : 11 tables, 21 chaises, 05 ordinateurs portables, 10 tablettes, 15 casquettes, 01 imprimante, 02 serveurs Rhasberry, 01 projecteur, 05 multiprises, 50 bracelets et une valise. Depuis le lancement des maisons digitales plus de 1500 femmes ont déjà été formées à l’utilisation de ces outils et à terme la création de nombreux d’emplois dans ce secteur de l’économique numérique et le développement du E-commerce sont attendus.

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L’inauguration de la maison digitale du CPFF d’Akono a été présidée par Madame ANGOUING NDANGA Françoise, Inspecteur Général du MINPROFF et Christine ALBANENNE, Chef de délégation de la Fondation Orange. Ces deux hauts responsables ont loué, à l’occasion, le partenariat fructueux entre leurs structures respectives et ont encouragé les femmes d’Akono et de ses environs à s’inscrire massivement aux formations dispensées. Le clou de cette cérémonie a été la coupure du ruban symbolique par Madame l’Inspecteur Générale du MINPROFF et la découverte de la plaque commémoratrice. Une visite guidée de la Maison Digitale a suivi cette phase.

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C’était le 30 janvier 2018 dans la Salle des Réunions de la DRPROFF/CENTRE. Marie Thérèse ABENA ONDOA la MINPROFF tenait le diapason.

            La première réunion préparatoire élargie aux partenaires en vue de la célébration de la 33ème édition de la Journée Internationale de la Femme s’est tenue le 30 janvier 2018 à dans la Salle des Réunions de la Délégation Régionale de la Promotion de la Femme et de la Famille du Centre. Présidée et modérée par Madame la Ministre de la Ministre elle-même, cette rencontre a connu la participation de toutes les parties prenantes de l’organisation et de la célébration de la Journée Internationale de la Femme au Cameroun.

 JIF1Dans son mot introductif, Marie Thérèse ABENA ONDOA s’est félicitée de la réussite de la précédente édition et en a profité pour exprimer sa profonde gratitude à tous les différents partenaires du MINPROFF impliqués. Le Président du Comité d’Organisation de la 33ème édition de la Journée Internationale de la Femme a par la suite délinéé tous les contours du thème choisi : «INTENSIFIER LA LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS A L’EGARD DES FEMMES, RENFORCER LE PARTENARIAT POUR ACCELERER LE DEVELOPPEMENT DURABLE », pour une meilleure appropriation de celui-ci par les partenaires appelés à l’expliquer à leur tour au sein de leurs administrations respectives. Le pagne dédié à l’édition 2018 de la JIF a également été présenté officiellement.

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Les échanges ont permis à la fin d’éclairer certains points demeurés obscurs, de s’accorder sur la discipline, les responsabilités, les dispositions et les modalités pratiques dans la perspective d’une célébration de la 33ème édition de la Journée Internationale de la Femme respectueuse de la morale, de l’éthique et des lois de la République.